samedi 20 septembre 2008

Guatemala, pays des Mayas


Bonnes crevettes sechees
Mise en ligne par patricelugan33


On a pas mal entendu depuis que l on est parti que le Guatemala est un pays superbe, on va donc voir ca par nous meme. Le passage frontiere se passe sans encombre et nous payons la taxe "flottante" (a notre avantage a notre passage) comme il se doit. Le trajet ensuite jusqu au lac Atitlan, premier stop, se fait dans des paysages superbes mais on ne peut profiter de la vue a l arrivee sur le lac a cause de la pluie qui s en mele. Dommage car ce lac est repute pour etre l un des plus beaux du monde avec les trois volcans qui l entourent (tous eteints) et ses eaux turquoises. Le lendemain, on commence notre exploration du pays par le marche de Solala ou l on peut admirer les habits traditionnels des femmes mais aussi des hommes. Pour s y rendre, on prend un de leurs vieux bus bondes qui ont un charme fou.
Des le midi, de nouveau, la pluie s en mele et l on ne fait pas grand chose de notre apres-midi. On decide quand meme de prendre le bateau pour traverser le lac et aller a San Pedro, village au pied du volcan du meme nom. On ne voit rien lors de la traversee car c est limite la tempete avec des bonnes vagues qui remuent bien le bateau et nos fessiers sont mis a contribution. Le soir on
reserve quand meme un guide pour aller monter la "tete de l indien" le lendemain d ou l on doit avoir une superbe vue sur le lac, les volcans et l ocean pacifique. Le guide nous dit que plus il pleuvera la nuit, mieux sera le temps le lendemain. Reveil le matin, malheureusement la pluie ne s est pas arretee mais en plus le sac de Pat qui sechait sur le balcon a disparu... On annule donc tout et decidons de partir directement sur Antigua (ancienne capitale du Guatemala d ou le nom d Antigua, celle-ci ayant ete dechue car trop soumise au tremblement de terre).

Il ne faut pas beaucoup de kilometres pour quitter enfin cette zone de pluie et on retrouve le soleil a Antigua, ce qui fait du bien (on avait plus l habitude du temps pourri !). Antigua est une tres jolie ville coloniale, au pied de plusieurs volcans, dont le volcan Agua. Du fait des tremblements de terre successifs, il y a un nombre considerable d eglise, couvent... en ruines, celles-ci ayant etaient gardees et donnant ainsi un cache special a la ville.
La cathedrale n a par exemple jamais put etre terminee telle qu elle etait prevue ! On visite aussi un musee bien sympa dans le concept architectural. Ce musee est a l interieur d un hotel haut standing et l ensemble musee/hotel integre les ruines de l ancien couvent Santo Domingo en les mettant en valeur, c est vraiment bien fait.
Etant dans un pays de volcan, on se decide a aller en grimper un et pas n importe lequel puisque c est le volcan Pacaya, un volcan toujours en activite, mais pas de danger car il est de type strombolien, c est a dire juste des coulees de laves, pas de problemes de gazs.... Bon c est tres touristique, mais c est sacrement impressionnant la chaleur qui se degage de ces coulees. A priori on a eu de la chance car on a vu une coulee bien active. De meme, etant dans un pays producteur de cafe (le 7eme au niveau mondial ce qui n est pas mal vu sa taille), on va visiter un musee sur le cafe ainsi qu une plantation. C est bien interessant et en prime on a le droit a un bon cafe, chose qu on avait pas bu depuis un bout de temps.

Apres cela Pat et moi nous separons pour une petite journee, Pat preferant profiter de la mer et quitter les averses de fin d apres-midi, moi preferant aller voir un soit-disant festival de court-metrage a Guatemala City, capitale actuelle du Guatemala. Ca me permet d entrapercevoir cette grosse capitale d Amerique Centrale, ville bien differente de ce que l on a vu jusqu a present du Guatemala, avec un nouveau centre tres americanises et ou il faut faire attention ou l on va, certaines zones de la ville etant fortement deconseille la nuit (vieux centre historique par exemple), voir meme le jour ; c est quand meme bien dommage. Il faut savoir qu ici la vente d arme est assez libre et donc on a vu pas mal de personnes avec des pistolets a la ceinture, ca n aide pas vraiment a lutter contre la violence....

Comme prevu, on se retrouve ensuite avec Pat a Livingston, ville accessible uniquement par bateau (on est arrive par Puerto Barrios) et donc bien paisible car il n y a pas beaucoup de voiture. Cette ville est essentiellement peuplee par des Garifunas (population descandant des esclaves africains). L atmosphere de la ville est tres caraibienne (faut prendre le temps de vivre) et c est donc une halte bien sympa. On se fait une petite balade qui nous permet d aller profiter de piscines naturelles le long d une petite riviere au milieu de la foret tropicale. La baignade est vraiment rafraichissante ce qui est agreable. Et oui, comme il fait reellemet chaud et qu il n y a pas beaucoup de courant, l eau de la mer apres 10 h du matin est vraiment chaude et ne rafraichit plus. Cela ne nous empeche pas quand meme de farniente un peu sur une petite plage a notre retour de notre ballade pour se reposer de tous nos longs voyages !! On profite aussi de cette halte pour gouter quelques specialites locales (tapado : sorte de bouillabesse locale avec du lait de coco : le Coco Loco : rhum mis directement dans la noix de coco, le tout gelifie, tres bon et tres frais...).

On quitte cette ville bien agreable en prenant le bateau direction Rio Dulce. La remontee du fleuve est tres agreable, au milieu d une vegetation tropicale dense. On prend ensuite un bus direction Flores, ville situee sur le lac Peten Itza et surtout a proximite du site Maya de Tikal. On ne perd d ailleurs pas de temps et des le lendemain allons visiter ce site aux premieres heures ce qui nous permet d eviter les flots de touristes. Ce site est impressionnant de par ces ruines, mais surtout par la foret tropicale qui recouvre le site. On y voit des singes araignes, toutes sortes d oiseau (dont le toucan), toutes sortes de lezards, on entend des singes hurleurs (leur cri est vraiment impressionnant) et on voit des arbres splendides. Au niveau des contructions, il y a 6 grands temples, dont 3 que l on peut escalader. La vue depuis leur sommet est grandiose et permet de voir les parties des ruines qui ressortent de la foret, superbe. Pour information, Tikal fut a sa grande epoque la capitale de l empire Maya. Une fois de retour a Flores, on passe notre journee a se baigner dans le lac de Peten Itza pour se rafraichir... Le soir on profite des festivites qui ont lieues toute la semaine avant le 15 septembre, jour de la fete d independance du pays. On peut y voir des danses traditionnelles mayas, des danses traditionnelles plus recentes... et profiter des stands de bouffe pour gouter differentes nourritures locales typiques ; on est bien tombe !

Apres avoir bien profite du Guatemala (bien qu un petit regret pour le lac Atitlan), de sa chaleur, de ses pluies mais aussi de ces plages et de ces lacs, direction le Belize pour aller voir la barriere de corail et ses petits poissons...


Pat et Flo

Mexico, Mexiiiiicooooooooo !!


Emiliano Zapata par D. Rivera
Mise en ligne par patricelugan33


Nous voila donc a Mexico !

L hotel qui nous accueille est en plein centre ville donnant sur le Zocalo (place centrale).

Premiere visite, le Palacio national decore par le peinte Diego Riviera. En une seule superbe peinture, il a reussi a rassembler les elements forts de l histoire du pays : l aigle mangeant le serpent (annoncant le lieu ou construire la ville de Technotitlan aux indigenes), les conquistadrors asservissant les indigenes, l eglise s engraissant et convertissant ses derniers, les attaques francaises et etats uniennes, la revolution mexicaine avec Emilio Zapata...

Niveau nourriture on revit... apres les poulets riz de bolivie perou et equateur... les tacos mexicains avec viandes, guacamole, preparations de legumes.. et surtout piments on se regale vraiment.. meme si des fois les piments qui ressortent peuvent etre douloureux... eheheh

L aprem nous voila sur un site Mexicas plus connus sous le nom d Azteques a deux pas du centre, les espagnols ayant tout detruit a leur arrivee et reconstruit sur les ruines. Les azteques ont reignes en maitre asservissant les populations alentours vers le XIeme siecle venant apres la civilisation Teotihuacan et apres les mixteques. On s y perd reellement avec toutes ses civilisations dont certaines se sont chevauchees.
Au debut les azteques avaient accueillis Hernan Cortes avec les honneurs croyant en lui comme un envoye des Dieux. Voyant qu en fait les espagnols venaient les coloniser ils se rebellerent mais les espagnols c etaient deja fait des allies parmi les peuples alentours ne portant pas les azteques dans leurs coeurs.
Sur le site, on peut voir les restes de la pyramide dedie aux dieux Tlaloc, dieu de la pluie et Huitzilopochtli dieu de la guerre.
Le soir le toit de l hotel servant de terrasse nous prenons une petite biere avec Gian Luca un touriste italien bien sympa. Je n ose parler italien car l espagnol semble avoir tout emporte...je vous rassure ca reviendra.

Le lendemain Flo decide d aller voir le site a 1h de la de Teotihuacan. Pour ma part je prefere flaner dans la ville de Mexico qui me plait particulierement. Le beau temps est de nouveau la jusqu a la pluie quotidienne de fin d aprem. A cote des nombreuses expos, les beaux batiments laisses par les espagnols s enchainent. Certains sont couverts de ceramiques, techniques qu ils ont empruntes aux arabes venus en espagne.

Le Secretaria de Educacion publica a aussi ete decore par Diego Rivera. Une partie montre la vie dans les differentes regions et l autre l illustration d une chanson populaire revolutionnaire. Le peintre avait de bonnes idees politiques... Le peuple, les militaires et les paysans s attelent au travail de la terre pendant que les riches capitalistes n ont a manger que des pieces d or. Le texte dit : "El dinero no se come." (l argent ne se mange pas).

Le soir apres le retour de flo, nous nous retrouvons sur la Plaza Garibaldi. Dommage je nai pas mon appareil photo (en effet la ville est connue pour son insecurite donc je n ose le sortir de nuit...). Les mariachis, groupes de musiciens avec cuivre basse, guitares et costumes mexicains avec pantalons brodes, chemises et chapeaux, envahissent la place. Les mexicains souvent en couple les payent pour quelques chansons. Les musiciens les entourent et commencent a jouer. Les clients sont sauvent aux anges a chanter et danser, un des leurs poussent de nombreux cris de joie "hhiiiiiiihha !" superbe moment (cf. video sur flickr).

Le lendemain en se baladant Je croise une statue de plus un metre vingt de la Sainte mort (cadavre habille comme une sainte) il semble que les mexicains lui vouent un culte... Il y a dailleurs des tetes de morts un peu partout dans la pays. J adore !

Le metro, propre et bien, nous emmenne au musee d anthropologie. Les differentes civilisations sont presentes : Au nord du pays Teotihuacan, Mixteques, azteques en gros... au Sud : Mayas puis Tolteques... On sy perd. Le musee est superbe avec de nombreuses steles, statues, poteries... mais trop enorme, au bout de 4h on fatigue...

Retour vers le centre, on croise de plus en plus de gens portant des statuettes d un saint. Celles ci peuvent atteindre un metre cinquante de haut ! On apercoit alors un grand attroupement devant une eglise. Il sagit en fait de San Judas que les pratiquants remercient tous les 28 du mois rassemblant une foule impressionnante.

Le soir apres une petite tequilla reposado (vielli un an) nous assistons a un petit concert rock sympa a la maison de la culture espagnole.

Il est deja temps de quitter Mexico, dommage, la ville est vraiment agreable; mais on y revient dans un mois.

Arrives a Puebla, la ville est une ancienne ville coloniale les batiments sont tres beaux avec de belles facades en ceramiques. La cathedrale est semblable a celle de Mexico mais en plus petite.
La specialite culinaire de la region est le chile en nogada de sortie pour feter la patrie. Il s agit d un piment vert peu piquant farci de fruit et viandes puis recouvert d une sauce sucree blanche avec des bouts de grenades rouges (vert - blanc - rouge, couleur du drapeau mexicain). tres bon. De nouveau nous assistons aux chansons de quelques mariachis.

Le lendemain le temps eclatant permet de flaner dans cette ville bien agreable egalement, avec un marche a la brocante, ses eglises (comme d hab). Le soir un spectacle gratuit de danse folklorique se deroule au centre culturel. Cest l occasion de voir les costumes des espagnols puis des revolutionnaires zapatistes, un bon moment..

Nous fumons ensuite une chicha dans un bar (ce qu on ne peux plus faire en france). Cela en attendant le concert de rock n roll et de punk prevu a 20h et debutant a 23h. C est pas un horaire pour des travailleurs ca ! Ca tombe bien eheheh.

Nous poursuivons le periple a quatre heures de la et nous atteignons Oaxaca autre ville coloniale. Ici les maisons sont de plein pieds avec de superbes couleurs, une ambiance aussi tres chaleureuse. Le couvent de San Francisco accueille les restes d une tombe royale du site zapotheque de Monte Alban entre diverses collections de bijoux et ceramiques trouves dans la region. Le soir un petit verre de "Mezcal" alcool de cactus, pour sendormir c est efficace.

Le site de Monte Alban bien conserve a ete construit et habite entre 800 avant JC et le VI eme siecle. Plusieurs pyramides sont encore debout et dominent la vallee a 2000m d altitude. Cette civilisation effectuait des echanges avec Teotihuacan. Le declin des deux civilisations datent de la meme epoque. les causes possibles en sont : une forte poussee demographique et une baisse des ressources.

Un bus de nuit (ca faisait longtemps...) nous transporte en 12h jusque dans le Chiapas a San Cristobal de las casas. L agreabale posada avec patio et hamac d une suisse francophone nous acueille.
Pour changer des reliques religieuses et des restes de civilisations nous visitons le musee de l ambre. Je n avais aucune idee de ce que c etait, maintenant le mal est repare. Il s agit d une resine d epineux fossilises il y a plus de 25 millions d annees de couleurs jaunes, rouges ou vertes. On en trouve seulement dans 4 ou 5 pays dans le monde. Les azteques l utilisaient deja pour faire des bijoux et des echanges.

Un petit van plein a craquer nous amene le lendemain a San Juan de Chamula. Le denomme Juan est adule par la population indigene locale. Les gens viennent avec un chaman qui va leur enlever le mal. L eglise est jonchee au sol d aiguilles de pins. Les bancs ont ete retires pour que les chamans suivis de leur client sagenouillent apres avoir balaye les aiguilles. Ils deposent alors une quantite de cierges variant suivant l importance du mal a soigner avant de les allumer. En fonction du probleme, des feuilles de basilic, des oeufs ou meme des poules servent a retirer l energie negative. Nous assistons a un rituel ou la poule est trimbalee dans tous les sens frottee contre le corps avant d etre sacrifiee. Cette religion derive du catholicisme. Cependant la mise en place d un sacerdote representant de l Eglise a ete rejetee par les indiens preferant rester independant.

Apres la pluie torrentiel de la journee, nous allons voir un film intitule "Zapatistas cronica de una rebellion". On apprend beaucoup de choses. En 1994, certains indigenes du Chiapas en ayant marre de la repression et du manque de respect et d egalite prennent d assaut la municipalite de San Cristobal. S ensuivent d autres prises de mairies. Le gouvernement repond en envoyant l armee. Demarre alors une longue confrontation non encore finie et plus ou moins forte en fonction des moments entre l armee et l Ejercito Zapatista de Liberacion Nacional (EZLN). Ces derniers demandant l egalite des chances pour la population de cette region la plus pauvre du pays (avec tres peu d acces a l eau potable par exemple), la reconnaissance de leur culture, l arret de l oppression des indigenes.... ont l appui de la population. L armee s installant peu a peu se fait rejetter par des femmes et des enfants... les presidents en place promettent mais n agissent pas... des affrontements ont lieu sur plusieurs annees .. avec morts et blesses. Des milices armees par le gouvernement sont aussi de la partie... Par deux fois d importantes manifestaitons de soutien dans la capitale font reculer l armee. La solidarite et le rassemblement de militants sont toujours efficaces ! Le sous commandant Marcos se montre que tres peu mais officie toujours dans la region. les slogans de soutien dans la ville de San Cristobal sont partout sur les murs. Ca fait une drole d impression d etre au coeur du mouvement...

On quitte ensuite le Mexique (mais pour mieux y revenir plus tard). Un petit van de touristes nous amene a Panajachel sur le lac Atitlan apres avoir passe la frontiere du Guatemala. Bus super lent, nous avons 3h30 de retard a l arrivee, arrivee sous une plus battante...

Les debuts au Mexique ont vraiment ete super on se sent bien la bouffe est bonne, les villes super agreables. Que du Bonheur, vivement qu on rerentre dans le pays ! (dixit Pat)

mercredi 3 septembre 2008

Chinimp Tuna : Pagaracho !!


Le repos du travailleur - Manuel
Mise en ligne par patricelugan33

Nous voila donc parti pour Chinimp Tuna. Un peu decu par la premiere semaine en Amazonie on espere celle la plus enrichissante. Et ce sera effectivement le cas. Deja l acces est plus difficile. Sur la petite route en gravier passant par le village le bus ne passe que 3 fois par semaine... ca change des 15 fois par jour d Arutam. Tres peu dautres vehicules une voiture, une moto tout au plus chaque jour.



Manuel et Nelva nous acueillent les bras ouverts au sein de leur umble demeure de planches de bois. Ils vivent la avec quelques uns de leurs neuf enfants et parfois des petits enfants, des neuveux... enfin les gens de la famille qui passent par la. L endroit est calme isole au milieu de la foret.



Nous passons dune communaute shuar a une communaute Kichua (comme quechua au Perou). Nous commencons par une baignade dans le ruisseau a 10 min de marche. Dario, fiance de Genaveva (la seule fille de la famille), et Geovanni installent un filet de peche.



En effet les repas, toujours partages avec la famille sont la plupart du temps composes de poissons fraichement peches, de « bananes » de toutes sortes (plantins, a chair sucrees, salees, jaunes, blanches...) et de maniocs (ici appele yuka). Cest bons, il y a la quantite.. juste le matin cest un peu dur mais on s habitue.



Premiere journee cest parti pour une minga, les membres de la communaute vont aider une personne pour un travail difficile. En echange cette derniere offre le couvert et surtout la « chicha ». Le manioc mache par les femmes est recrache puis fermente, la boisson s alcoolise plus ou moins. Des 9h du mat on commence a boire... Cest pas vraiment tres plaisant au debut puis on se fait aux coutumes locales.



Le gouvernement finance la coupe de bois dans le foret pour construire des maisons. Il faut donc ramener ce bois depuis la foret sur 500m de boues puis traverser le ruisseau...

Nous attendons pres de 2h une baisse du ruisseau en crue (du fait de la pluie torrentielle de la veille) a boire de la chicha..., puis traversons. Le courant est toujours fort... Nous commencons le portage de planches et poutres de bois depuis la foret vers la maison. Les poutres sont super lourdes. Nous sommes epuises au bout de 50 m . Eux ca ne les derange pas, ils ont une force surhumaine. Les femmes aussi portent plus lourds que nous ! L halucination ! Nous finissons la journee sur les rotules ayant pourtant effectue que le tiers du travail d un autochtone. Le repas est bien plaisant, du cerf chasse dans la foret ... exquis. On mange avec les doigts au milieu des moucherons, une feuille de bananier fait office de plateau, bien typique.



Le lendemain on remet ca. Ce coup ci on grimpe dans la remorque d un camion passant par la avec une dizaine de membres de la famille pour arriver chez l une des quatre femmes de Fabian (fils de la famille et coordonnateur du programme de volontaires). Ici la polygamie est toujours d actualite...

Le travail consiste a porter des parpaings sur 2km !!! Nous avons besoin d une corde ... pas de probleme un bout d ecorce fera l affaire. Nous chargeons 4 parpaings (environ 40kg) sur le dos, le tout souleve avec la tete via la corde. Oufff... Deux voyages vont suffire... Heureusement les chevaux nous aident. La moyenne de temperature a lannee est de 20 degres cependant avec le soleil ca monte vite a 25 ou plus. Le soir il y a souvent des orages avec des plus torrentiels permettant de garder l humidite ambiante...



Le soir apres 1h30 de retour a pied nous tappons le carton avec Emilie une volontaire francaise et David. Ca fait du bien.

Emilie et David partent le lendemain, nous sommes donc seul avec la famille permettant un maximum d echange et de discussion...



Nous repartons machettes en main avec Fabian. Nous defrichons les alentours des pieds de bananiers. C est fou ce que ca pousse en trois mois ! Des plantes de plus de 3m ! Pour replanter le manioc par exemple dont on arrache l arbre et on prend les racines, il suffit de le couper et d enfoncer le tronc de 15cm dans le sol et cest reparti, idem pour la canne a sucre.



Heureusement maintenant nous avons des gants, nos mains de travailleurs sur ordinateurs etaient illuminées d ampoules la premiere semaine.



Ici pas de saison 20 degres toute l annee, toujours humide. Fabian ne connait pas les arbres vetus de couleurs jaunes comme nous en europe, ici cest toujours vert, plusieurs recoltes de mais par an, on plante quand on veut… et ca pousse.



Nous rencontrons quelques insectes : un papillon de 15cm de long, une fourmi de 3 X 1 cm que Fabian et flo s empressent de manger… Ouf il n en reste pas pour moi…



Dans la foret ils trouvent de tout. Fabian nous montre les différentes plantes médicinales : feuilles soignant les fractures, sève refermant les coupures, feuilles pourries contre les mauvais sorts de chaman… il y a de tout.



Fabian nous explique que chaque famille possède un bout de foret : primaire (dense et sauvage) et secondaire (plus proche). Apres avoir passe pas mal d annees a vendre les terrains a des metis sans scrupules deforestant pour vendre le bois, les indigenes semblent selon lui avoir pris conscience que la foret était toute leur richesse. Le phenomene s est donc ralenti… La famille essaye de donner l exemple il ne travaille jamais dans la foret primaire.



Apres le travail nous repartons vers une autre lagune on l on peut s adonner a la nage.



Le soir Manuel nous conte une histoire bien morbide. Les Shuars ou Jivaro sont connus pour etre des reducteurs de tetes. La tsantsa consiste a couper la tete avec les cheveux longs et la faire reduire pour faire un trophee. Cette tradition ne se fait plus depuis 50 ans. Cependant des gringos a grand renfort de dollars sont venus il y a 5 ans pour demander a des indigenes de leur fournir des tetes apparemment pour des musees… Apres plus de 10 morts, certains se sont fait tuer et ca s est calme. Neanmoins il reste une sorte de psychose et la plupart des indigenes se sont coupes les cheveux et les gringos s ont mal vu par la population…



Dario et geovanni nous amenent en balade dans la foret. En passant nous goutons un fruit translucide, des larves vivantes (enfin juste flo…), des caymitos (fruit jaunes tres bons), des cœurs de palmiers… Super bons. Le seul probleme est qu ils font tomber un arbre de plus de 15 m pour 40cm de cœur… Nous recoltons également des graines noires que nous mangerons une fois cuites. Ils trouvent vraiment ce qu ils veulent dans la foret et la connaissent sur le bout des doigts meme Geovanni a a peine 11 ans.



Geovanni recupere des dizaines de vers dans la terre. Arrives a la riviere un coup de machette et le manche de cane a peche est pres. La peche est bonne une vingtaine de petits poissons et un crabe. Nous passons une premiere cascade de 5 m, puis arrivons sur la lagune. La cascade de 7m nous permet de faire des jolis sauts.



Déjà vendredi nous devons nous saluer, Manuel, Fabian et Nelva etant appeles a une minga. Les remerciements sont chaleureux et nous avons droit a des cadeaux : une porterie, deux colliers de graines et un bracelet.

Nous buvons « la sangre de vaca » comme ils l ont baptise… ils n ont pas l habitude du vin rouge et Manuel fait la grimace en le buvant…





L apres midi nous fabriquons chacun un lit en bois avec l aide de Jamon (un autre fils de la famille) pour accueillir de futur volontaires.



Ce sera notre dernier travail ici dommage l echange a été tres riche et la famille était tres sympathique… Si certains se sentent l envie d aller partager des moments forts et aider une communaute equatorienne ils seront prêts a vous accueillir. De plus si vous avez de la chance vous tomberez sur des lits faits de mains de maitres…





Nous arrivons a Quito, la capitale. Le petit dej avec pain, confiture et chocolat chaud est un vrai bonheur. Prêt pour le marathon religieux ! La cathedrale abrite la tombe du marechal Sucre, celui-ci ayant aide a chasser les envahisseurs espagnols (appuyes par l Eglise pendant des annees… que de contradictions). La vue du haut de la basilique del Voto nacional est pas mal du tout. Dommage le temps est couvert. Nous continuons par le couvent de San Francisco puis l eglise San Dominico. Chaque ordre a son lieu de culte…



Le soir pour se remettre de la dure journee, nous goutons la boisson nationale : le canelazo a base d eau de vie, de cannelle et d orange. Tres bon. Le tout accompagne d une crepe au nutella !! sisisi un regal !



Le lendemain sera dedie aux parcs de la ville. Nous ne manquons pas de faire une petite sieste dans l herbe. Puis visite de la Capilla del Hombre (chapelle de l homme). Lieu dedie a l humanite par le peinte equatorien Oswaldo Guayasamin. Ces œuvres bien engagees (denoncant le travail dans les mines, les dictatures d amerique du sud…) aux couleurs variees sont superbes. Le lieu fut fini apres sa mort mais il avait tout planifie le travail est bien mis en valeur.



Le soir nous trouvons enfin un peu d animation dans cette capitale ! Tres difficile de trouver un bar a part dans le quartier Mariscal ou nous regoutons le canelazo…



Le lendemain, ah il manquait un ordre… avant de prendre l avion nous visitons la Compagnie de jesus (fameuse car il a fallu 23 kg d or pour dorer l ensemble de leglise). Les jesuites se sont bien implantes en amerique du Sud. Leur manière d evangeliser differait des autres ordres. Apprenant la langue des indigenes ils faisaient aussi des efforts d educations. Leur puissance trop importante a gene l Eglise… qui les a expulse en 1767.



Il est temps de quitter le sol d Amerique du Sud pour celui du Mexique.

La vue est superbe sur les montagnes enneigees depassant des nuages au depart de Quito. Arrivant sur Panama, on apercoit les dizaines de gros porteurs venant ou attendat de traverser le canal separant les deux ameriques. L arrivee sur Mexico se fait de nuit. Malgre les nuages, on se rend compter de l immensite de la ville qui est la plus grande du monde. Mexico nous voici !

Arrutam a perdu son Ame...!


En flagrant deli de deforestation !
Mise en ligne par patricelugan33


Comme prevu apres Banos, nous sommes alles rejoindre la Communaute Shuar d Arutam le dimanche apres-midi; cette communaute est situee au bord de la route Puyo - Macas. Le contact que l on avait eu par mail n a pas transmis au responsable du projet que nous venions, donc nous ne sommes pas plus attendus que ca quand nous arrivons... C est donc le responsable de la communaute qui s y colle (Ernesto) pour nous montrer la maison des volontaires, parler un peu de la communaute... On apprend qu en fait la communaute est constituee exclusivement par ces enfants et qu elle compte environ 30 personnes (il a 28 enfants au total avec 2 femmes differentes, la plus agee vivant au niveau d Arutam, la plus jeune vivant plus dans la foret, mais la plupart des enfants vivent en dehors de la communaute maintenant). On part ensuite faire une petite randonnee dans la foret en attendant qu ils nous trouvent une chambre de libre. L achat des bottes etait plus que
souhaitable vu l etat des chemins et de la foret en general... Au retour, on nous trouve une chambre dans une autre maison de volontaires avec superbe vue sur le volcan Sangay, on perd pas au change. On fait par la suite connaissance avec les autres volontaires qui rentrent de WE (3 anglais et 4 americains, avec seulement 3 d entre eux qui parlent espagnols...).
Le lendemain on rencontre le coordonnateur, Roberto, qui nous explique les travaux/activites de la semaine, ca a l air pas mal. A l arrivee on a fait pas mal de debrouissallage/defrichage a l aide de machette pour :
- faire un chemin de rando,
- degager des lagunes de piscicultures,
- faire une sorte de jardin pour planter du Yuca (Manioc) ou autres plantes.
- degager le chemin d acces a la prise d eau claire alimentant la communaute ainsi que les ouvrages de traitement et de distribution

Pour ce dernier point, on leur a aussi explique et fait quelques croquis pour detailler comment il pourrait ameliorer leur systeme de distribution d eau claire de facon simple (et oui encore notre deviance d ingenieur mais la c est pour la bonne cause !)

On a aussi reetanche un toit a l aide de feuille de palme mais surtout d une bonne bache..., et empierre un chemin pour que l un des acces a la cuisine des volontaires ne soient plus un chemin boueux.

Du fait que l on etait nombreux, les activites se faisaient tres rapidement, les echanges avec les personnes de la communaute etaient plutot faibles, la quantite de bouffe en debut de semaine insuffisante, et on entendait parler anglais a longueur de journee... Par rapport a ce qu on attendait, on a ete un peu decu. N empeche qu il y a eu aussi des bons cotes. On a pu retoucher un ballon de foot et faire du foot-gadou excellent (volontaires contre locaux et ils tripotent plutot bien le ballon, meme avec des bottes !), faire du volley avec un filet a 3.2 metres histoire que personne ne puisse attaquer car avec un ballon de foot ca peut faire mal... On a pu aussi voir quelques petites bebetes style migale (quand on lavait la prise d eau claire), un petit serpent (sur le chemin entre notre maison et la cuisine), des sauterelles immenses (a differents moments).... On a pu aussi gouter a toute sorte de bananes, yuca, quelques larves (seulement pour Flo)
et la fameuse Chicha (alcool local realisee a base de Yuca macere, le Yuca etant broye au mortier et les bouts recalcitrants a la bouche puis craches dans le breuvage pour aider a la maceration...).

Concernant l equipe de volontaires, on s est plutot bien entendu avec les anglais par contre on est tombe sur des caricatures d americains (completement a cote de la plaque sur les questions internationales style Irak, immigration..., 2 ayant des bouquins sur comment evangeliser les gens, a fond spring break...). Autant vous dire qu on a pas plus accroche que ca avec eux, les deux evangelisateurs ayant recu le surnom de Ken et Barbie pour leur physique et leur niveau de reflexion et un troisieme Hulk pour son cote bourrin qui faisait plus peur qu autre chose quand on etait avec les machettes pour defricher.

A la fin de la semaine, l objectif etait donc d aller voir une communaute un peu plus authentique, surtout avec moins de volontaires car le cote colonie ne nous a pas plus plu que ca.

Le WE etant libre, on en a profite pour aller voir la ville la plus proche a savoir Puyo. On en a profite pour manger de la viande (on en a ete sevre pendant la semaine) et aussi pour acheter des gants car nos mains de personnel de bureau sont bien fragiles et bien cloques apres une semaine de machette. On visite aussi un refuge pour animaux en voie de disparition. Le proprietaire nous indique qu il est en recherche de volontaires (ils ont bien compris ici comment trouver du personnel pas cher voire rentable car souvent les volontaires payent pour la nourriture et le logement. Pour notre part c etait 15 dollars/jour ce qui parait un peu cher au vu de ce qu on a mange...). Cette visite nous permet de voir quelques animaux typiques de la region, a savoir quelques singes, certains en liberte, des jaguars (l un venant de manger un petit crocodile qui etait dans la meme cage...), cochons sauvages, boas....
Le dimanche nous partons vers Chinimp Tuna qui a priori est une communaute plus authentique. Au debut, nous aurions voulu aller dans une autre communaute completement perdu dans la foret (Irsham), mais les americains y allant nous avons prefere changer d option.... Nous prenons pour y aller l un des 3 bus hebdomadaires. Comme il est complet nous montons sur le toit. C est pas plus mal, le panorama est super car nous passons de 800 m a 600m ce qui permet d avoir une belle vue. Par contre il faut faire attention aux branches (hein Pat !) et au fil electrique dans les villages. Ca nous permet aussi de voir les diifferents bagages des gens (tete de boeuf, bidon d essence, sac de bouffes...). A peine arrive a Chinimp Tuna, on est accueilli par une coupe de Chicha (l alcool local pour ceux qui suivent...) et l ensemble de la famille, ca s annonce pas mal.... (Suite dans le prochain message).


Pat et Flo