mercredi 3 septembre 2008

Chinimp Tuna : Pagaracho !!


Le repos du travailleur - Manuel
Mise en ligne par patricelugan33

Nous voila donc parti pour Chinimp Tuna. Un peu decu par la premiere semaine en Amazonie on espere celle la plus enrichissante. Et ce sera effectivement le cas. Deja l acces est plus difficile. Sur la petite route en gravier passant par le village le bus ne passe que 3 fois par semaine... ca change des 15 fois par jour d Arutam. Tres peu dautres vehicules une voiture, une moto tout au plus chaque jour.



Manuel et Nelva nous acueillent les bras ouverts au sein de leur umble demeure de planches de bois. Ils vivent la avec quelques uns de leurs neuf enfants et parfois des petits enfants, des neuveux... enfin les gens de la famille qui passent par la. L endroit est calme isole au milieu de la foret.



Nous passons dune communaute shuar a une communaute Kichua (comme quechua au Perou). Nous commencons par une baignade dans le ruisseau a 10 min de marche. Dario, fiance de Genaveva (la seule fille de la famille), et Geovanni installent un filet de peche.



En effet les repas, toujours partages avec la famille sont la plupart du temps composes de poissons fraichement peches, de « bananes » de toutes sortes (plantins, a chair sucrees, salees, jaunes, blanches...) et de maniocs (ici appele yuka). Cest bons, il y a la quantite.. juste le matin cest un peu dur mais on s habitue.



Premiere journee cest parti pour une minga, les membres de la communaute vont aider une personne pour un travail difficile. En echange cette derniere offre le couvert et surtout la « chicha ». Le manioc mache par les femmes est recrache puis fermente, la boisson s alcoolise plus ou moins. Des 9h du mat on commence a boire... Cest pas vraiment tres plaisant au debut puis on se fait aux coutumes locales.



Le gouvernement finance la coupe de bois dans le foret pour construire des maisons. Il faut donc ramener ce bois depuis la foret sur 500m de boues puis traverser le ruisseau...

Nous attendons pres de 2h une baisse du ruisseau en crue (du fait de la pluie torrentielle de la veille) a boire de la chicha..., puis traversons. Le courant est toujours fort... Nous commencons le portage de planches et poutres de bois depuis la foret vers la maison. Les poutres sont super lourdes. Nous sommes epuises au bout de 50 m . Eux ca ne les derange pas, ils ont une force surhumaine. Les femmes aussi portent plus lourds que nous ! L halucination ! Nous finissons la journee sur les rotules ayant pourtant effectue que le tiers du travail d un autochtone. Le repas est bien plaisant, du cerf chasse dans la foret ... exquis. On mange avec les doigts au milieu des moucherons, une feuille de bananier fait office de plateau, bien typique.



Le lendemain on remet ca. Ce coup ci on grimpe dans la remorque d un camion passant par la avec une dizaine de membres de la famille pour arriver chez l une des quatre femmes de Fabian (fils de la famille et coordonnateur du programme de volontaires). Ici la polygamie est toujours d actualite...

Le travail consiste a porter des parpaings sur 2km !!! Nous avons besoin d une corde ... pas de probleme un bout d ecorce fera l affaire. Nous chargeons 4 parpaings (environ 40kg) sur le dos, le tout souleve avec la tete via la corde. Oufff... Deux voyages vont suffire... Heureusement les chevaux nous aident. La moyenne de temperature a lannee est de 20 degres cependant avec le soleil ca monte vite a 25 ou plus. Le soir il y a souvent des orages avec des plus torrentiels permettant de garder l humidite ambiante...



Le soir apres 1h30 de retour a pied nous tappons le carton avec Emilie une volontaire francaise et David. Ca fait du bien.

Emilie et David partent le lendemain, nous sommes donc seul avec la famille permettant un maximum d echange et de discussion...



Nous repartons machettes en main avec Fabian. Nous defrichons les alentours des pieds de bananiers. C est fou ce que ca pousse en trois mois ! Des plantes de plus de 3m ! Pour replanter le manioc par exemple dont on arrache l arbre et on prend les racines, il suffit de le couper et d enfoncer le tronc de 15cm dans le sol et cest reparti, idem pour la canne a sucre.



Heureusement maintenant nous avons des gants, nos mains de travailleurs sur ordinateurs etaient illuminées d ampoules la premiere semaine.



Ici pas de saison 20 degres toute l annee, toujours humide. Fabian ne connait pas les arbres vetus de couleurs jaunes comme nous en europe, ici cest toujours vert, plusieurs recoltes de mais par an, on plante quand on veut… et ca pousse.



Nous rencontrons quelques insectes : un papillon de 15cm de long, une fourmi de 3 X 1 cm que Fabian et flo s empressent de manger… Ouf il n en reste pas pour moi…



Dans la foret ils trouvent de tout. Fabian nous montre les différentes plantes médicinales : feuilles soignant les fractures, sève refermant les coupures, feuilles pourries contre les mauvais sorts de chaman… il y a de tout.



Fabian nous explique que chaque famille possède un bout de foret : primaire (dense et sauvage) et secondaire (plus proche). Apres avoir passe pas mal d annees a vendre les terrains a des metis sans scrupules deforestant pour vendre le bois, les indigenes semblent selon lui avoir pris conscience que la foret était toute leur richesse. Le phenomene s est donc ralenti… La famille essaye de donner l exemple il ne travaille jamais dans la foret primaire.



Apres le travail nous repartons vers une autre lagune on l on peut s adonner a la nage.



Le soir Manuel nous conte une histoire bien morbide. Les Shuars ou Jivaro sont connus pour etre des reducteurs de tetes. La tsantsa consiste a couper la tete avec les cheveux longs et la faire reduire pour faire un trophee. Cette tradition ne se fait plus depuis 50 ans. Cependant des gringos a grand renfort de dollars sont venus il y a 5 ans pour demander a des indigenes de leur fournir des tetes apparemment pour des musees… Apres plus de 10 morts, certains se sont fait tuer et ca s est calme. Neanmoins il reste une sorte de psychose et la plupart des indigenes se sont coupes les cheveux et les gringos s ont mal vu par la population…



Dario et geovanni nous amenent en balade dans la foret. En passant nous goutons un fruit translucide, des larves vivantes (enfin juste flo…), des caymitos (fruit jaunes tres bons), des cœurs de palmiers… Super bons. Le seul probleme est qu ils font tomber un arbre de plus de 15 m pour 40cm de cœur… Nous recoltons également des graines noires que nous mangerons une fois cuites. Ils trouvent vraiment ce qu ils veulent dans la foret et la connaissent sur le bout des doigts meme Geovanni a a peine 11 ans.



Geovanni recupere des dizaines de vers dans la terre. Arrives a la riviere un coup de machette et le manche de cane a peche est pres. La peche est bonne une vingtaine de petits poissons et un crabe. Nous passons une premiere cascade de 5 m, puis arrivons sur la lagune. La cascade de 7m nous permet de faire des jolis sauts.



Déjà vendredi nous devons nous saluer, Manuel, Fabian et Nelva etant appeles a une minga. Les remerciements sont chaleureux et nous avons droit a des cadeaux : une porterie, deux colliers de graines et un bracelet.

Nous buvons « la sangre de vaca » comme ils l ont baptise… ils n ont pas l habitude du vin rouge et Manuel fait la grimace en le buvant…





L apres midi nous fabriquons chacun un lit en bois avec l aide de Jamon (un autre fils de la famille) pour accueillir de futur volontaires.



Ce sera notre dernier travail ici dommage l echange a été tres riche et la famille était tres sympathique… Si certains se sentent l envie d aller partager des moments forts et aider une communaute equatorienne ils seront prêts a vous accueillir. De plus si vous avez de la chance vous tomberez sur des lits faits de mains de maitres…





Nous arrivons a Quito, la capitale. Le petit dej avec pain, confiture et chocolat chaud est un vrai bonheur. Prêt pour le marathon religieux ! La cathedrale abrite la tombe du marechal Sucre, celui-ci ayant aide a chasser les envahisseurs espagnols (appuyes par l Eglise pendant des annees… que de contradictions). La vue du haut de la basilique del Voto nacional est pas mal du tout. Dommage le temps est couvert. Nous continuons par le couvent de San Francisco puis l eglise San Dominico. Chaque ordre a son lieu de culte…



Le soir pour se remettre de la dure journee, nous goutons la boisson nationale : le canelazo a base d eau de vie, de cannelle et d orange. Tres bon. Le tout accompagne d une crepe au nutella !! sisisi un regal !



Le lendemain sera dedie aux parcs de la ville. Nous ne manquons pas de faire une petite sieste dans l herbe. Puis visite de la Capilla del Hombre (chapelle de l homme). Lieu dedie a l humanite par le peinte equatorien Oswaldo Guayasamin. Ces œuvres bien engagees (denoncant le travail dans les mines, les dictatures d amerique du sud…) aux couleurs variees sont superbes. Le lieu fut fini apres sa mort mais il avait tout planifie le travail est bien mis en valeur.



Le soir nous trouvons enfin un peu d animation dans cette capitale ! Tres difficile de trouver un bar a part dans le quartier Mariscal ou nous regoutons le canelazo…



Le lendemain, ah il manquait un ordre… avant de prendre l avion nous visitons la Compagnie de jesus (fameuse car il a fallu 23 kg d or pour dorer l ensemble de leglise). Les jesuites se sont bien implantes en amerique du Sud. Leur manière d evangeliser differait des autres ordres. Apprenant la langue des indigenes ils faisaient aussi des efforts d educations. Leur puissance trop importante a gene l Eglise… qui les a expulse en 1767.



Il est temps de quitter le sol d Amerique du Sud pour celui du Mexique.

La vue est superbe sur les montagnes enneigees depassant des nuages au depart de Quito. Arrivant sur Panama, on apercoit les dizaines de gros porteurs venant ou attendat de traverser le canal separant les deux ameriques. L arrivee sur Mexico se fait de nuit. Malgre les nuages, on se rend compter de l immensite de la ville qui est la plus grande du monde. Mexico nous voici !

5 commentaires:

Anonyme a dit…

je vois que flo bouffe des verres et des fourmis et toi des petits pains...
lui il est pret pour kolenta pas toi...

La bise, portez vous bien, mexico, mexiiiiiiiiiiiiiiiiico

Anonyme a dit…

enfin des nouvelles, on commençait à s'inquiéter.

Je vois que vous avez même perdu votre français :"délit"...

Des bises..

Oliv

Anonyme a dit…

Ca ma fait ben plaisir Florenzacchio de revoir ta tête de Chubaka en vidéo lors du mariage de Séba et Maria...
Vous avez fait le bon choix avec les kichuas, c'est une chouette semaine que vous avez passé là.
Si j'achète une maison, je saurais qui appeler pour défricher mon terrain : juste une planche de bois pour dormir, deux/trois insectes pour flo et du pain/confiture pour Pat, un alcool même dégueux leur suffit, il ne coûte pas cher ces gars là !!!!
Topette à vous deux,
Will

Anonyme a dit…

Ah... ça fait plaisir d'avoir de vos nouvelles!!
Portage de parpaings, réfection de toits et débroussaillage de sentiers... c'est pas des vacances ça!! Vous comptez revenir bodybuilders-entomologistes ou quoi?!!
Gros becs.

Anonyme a dit…

Nous voilà rassurés (ou presque) sur l'avenir de la forêt amazonienne ! Espérons que tous les autochtones aient la même volonté ! une fois encore, je laisse les larves et autres bestioles grouillantes à Flo, et pour ce qui est de la Chicha, c'est sans moi...
Cette partie du voyage semble bien concrète ; c'est donc fini "la croisière s'amuse" ou bien on renoue au Mexique avec le farniente, le sport, le soleil, le sable chaud... ? (Humour, of course)...
Encore merci et bon trip !
Bises