samedi 21 février 2009

La Syrie en Famille


Cour interieure de la grande Mosquee, il y a de la vie !
Mise en ligne par patricelugan33

Mes pigistes syriens ont bien assure contrairement a mes pigistes iraniens dont j attends toujours les articles.... Donc voila presque tout frais tout chaud, mon passage en Syrie avec ma famille.

À la demande de notre rédacteur en chef, nous avons pour mission, si nous l’acceptons, mais nous n’avons pas trop le choix, de vous résumer notre séjour-découverte en Syrie !

Nous (Sandrine, sœur de Flo, Anthelme neveu de Flo et Sébastien, « brother in law » de Flo) avons rejoint le globe trotter à Damas le dimanche 8 février à 4h du matin. Nous avons juste 8h de retard !
À 5h, l’appel à la prière retentit, il est temps de se reposer un peu si on veut profiter de notre première journée.

Nous prenons notre premier petit déjeuner dans un superbe patio damascène avec au menu thé (chaï), galette de pain, fromage blanc, œuf dur, olives et le traditionnel duo beurre-confiture.
Anthelme, 2 ans, attire l’attention, ce qui facilite les rencontres.
Nous commençons par découvrir la vieille ville en déambulant dans les rues du quartier de la mosquée des Omeyyades après avoir parcouru le souk Hamidieh couvert, construit par les Ottomans (présents en Syrie de 1516 à 1918).

La mosquée des Omeyyades a été construite en 705 après J-C , sur l’emplacement d’une église, elle-même édifiée sur un temple dédié à Jupiter. C’est une des plus importantes mosquées de l’Islam. Elle est composée d’une grande cour, véritable lieu de vie où les enfants courent, chahutent sans le moindre problème. Pour y entrer les adultes doivent se déchausser et les femmes doivent avoir les cheveux couverts et porter une tunique pas très esthétique. Sur un côté de la cour, se trouve la salle de prière (séparée : 1 /3 pour les femmes et 2/3 pour les hommes) dans laquelle se trouve le mausolée de St Jean-Baptiste. Très beaux mirhāb (niche dans le mur indiquant la direction de la Mecque) et Minbar (chaire d’où prêche l’imam).
Nous visitons ensuite le palais Azzem, construction arabo-ottomane construit en 1749 pour le gouverneur aujourd’hui musée des arts et traditions.

Dans Damas, beaucoup de palais sont reconvertis en musées, en restaurants ou en salle de tournage…
Un soir, nous sommes sollicités pour être figurants dans une série syrienne à priori très regardée. Florent joue le rôle de séducteur, parle de Baudelaire, récite des vers de Ronsard (Mignonne, allons voir si la rose…) devant une Syrienne qui ne comprend pas le français ! Le tournage dure jusqu’à 3h du matin contre rémunération !
Nous partons ensuite pour Palmyre en bus. En fin d’après-midi nous découvrons les vestiges de la grande colonnade, du forum, du sénat, du tétrapole et l’extérieur du temple de Bel illuminés. Nous sommes les seuls touristes ; nous sommes donc vite repérés par les « vendeurs de souvenirs ».
Palmyre est une cité construite quand la Syrie était romaine (64 av J-C – 395 ap J-C). Un musée archéologique présente de riches pièces mais dommage, il y a peu d’infos. Notre deuxième journée sur Palmyre est « sableuse », le vent souffle. Nous visitons le temple de Bel, édifice le plus important de Palmyre. Bel (Baal) était le « Zeus » des Palmyriens. Nous visitons également le théâtre restauré.

Après le désert nous découvrons les « montagnes » avec le Krak des chevaliers, forteresse construite par les Croisés, prise par les Musulmans en 1271. Le retour est très agréable, nous traversons un paysage de cultures en espaliers d’oliviers et de pommiers. Au printemps, les familles se déplacent pour voir ces paysages fleuris.

À Hama, nous parcourons la vieille ville de nuit et longeons l’Oronte pour admirer les nombreuses et belles norias (ces grandes roues permettaient d’irriguer les terres aux alentours avec l’eau du fleuve).
Nous quittons Hama pour Alep, le vendredi, jour de repos pour les Musulmans. Les très beaux souks voûtés sont déserts, les boutiques sont toutes fermées par contre nous rencontrons une ambiance familiale autour de la Citadelle. Ici les enfants semblent très « libres » dans la rue, certains font du « toboggan » sur l’ancien glacis de la Citadelle. La Citadelle d’Alep a été construite aux XIIe- XIIIe siècles sur une colline. On entre dans cette forteresse par une magnifique porte ayant servi de salle de trône à l’époque Mamelouke (dynastie qui régna sur la Syrie de 1250 à 1517). À l’intérieur de la citadelle, on trouve une mosquée, un hammam… et des points de vue sur Alep quand le ciel est dégagé, ce n’était pas notre jour, dommage ! Nous retrouvons cette ambiance « dominicale » au sein de la grande mosquée d’Alep. Beaucoup de personnes cherchent à communiquer avec nous pour savoir d’où l’on vient… grâce à Anthelme qui attire toujours autant les petits et les grands. Certaines femmes au visage complètement voilé osent même nous aborder ! Notre petite star se fait prendre en photo régulièrement. Dans les quartiers chrétien et arménien de la ville, à l’inverse, les boutiques sont ouvertes. Même des musulmans viennent faire leurs courses ! Il y a beaucoup d’Arméniens à Alep qui ont fui le génocide de 1915. Une plaque commémorative se trouve à côté de leur église.

En Syrie, 15% de la population est de confession chrétienne. Dans chaque grande ville on retrouve des églises. Certaines sont très anciennes comme celle de St Siméon bâtie au Ve siècle, construite à la mémoire de St Siméon stylite qui vécu 40 ans au sommet d’une colonne. Ce sanctuaire se situe sur une colline au milieu d’un paysage d’oliviers et de pierres blanches. L’endroit est très calme et paisible. Nous avons eu beaucoup de chance car le temps était printanier !

Notre aventure syrienne se termine avec Flo à Damas avec la visite du musée national archéologique et d’un centre artisanal dans l’ancienne madrassa (école coranique) Al Sulaimiyeh. Les boutiques sont dans les anciennes cellules des étudiants formant une cour avec un bassin en son centre.

Flo visitera alone Bosra (encore un site ou les romains ont laisse des traces impressionnantes, en particulier un enorme theatre qui a ete tres bien preserve du fait qu il a ete fortifie pour servir de citadelle aux Mamelouks).

Séjour-vacances très sympathiques avec notre petit bout et son tonton voyageur ! Merci Flo.

Une petite pose au Liban bien sympathique


Perrine et Fred pour un dernier repas ensemble au soleil
Mise en ligne par patricelugan33

Finalement apres mes galeres de fichiers Word, voici les messages pour le Liban et la Turquie. Desole pour le retard mais on ne fait pas ce qu on veut avec l informatique surtout a l etranger sur des postes tres changeant de l un a l autre...

Apres une grasse matinee meritee (cf. message sur la Turquie), j appelle Perrine pour qu on se donne rendez-vous. Elle arrive peut de temps apres et on commence la visite de Beyrouth par le rocher de la grotte aux pigeons et le bar Bay Rock qui permet d avoir une belle vue dessus, c est plutot sympa surtout qu il fait beau ! J ai le droit ensuite a un petit tour a l aeroport pour deposer Pascale, une amie de Perrine venue passer des vacances au Liban et elle a bien raison. Le soir on se fait un bon restaurant et c est clair que ca fait plaisir de regoutter du bon vin apres tout ce temps passe dans des pays non viticoles.

Je passe mes deux premiers jours a explorer Beyrouth et j apprecie franchement l atmosphere qui y regne avec cette ambiance mediterraneenne, ce melange de confessions (les minarets se melangent aux clochets), ce melange de ruines, d ancien, de neuf, ces terasses qui n attendent que le soleil et la chaleur pour se remplir... On voit encore tres nettement les traces de la guerre, mais ca reconstruit beaucoup. Je me balade le long de la corniche jusqu a la plage qui ne donne pas forcement envie de se baigner mais est agreable pour se poser. J y rencontre Riad qui me parle pas mal du Liban et de la geopolitique locale, tres interessant. Il me montre aussi un rejet d eaux usees pas tres licite pres de la plage (encore une deformation professionelle, que voulez-vous !). La canalisation de rejet a ete finance par des bailleurs de fonds internationaux et a permis de rendre un terrain, appartenant a feu Hariri, viable foncierement, ce qui n etait pas le cas avant, en deplacant le rejet d une centaine de metre vers la plage, bravo...

J attaque la visite du Liban, depuis Beyrouth ma base, par Byblos (ou Jbail), ville sur la mediterranee ayant plusieurs milliers d annee (trace d occupation remontant a plus de 7000 ans) et ayant connue differentes civilisations (Phenicienne, Grecque, Romaine, Croises, Mamelouk...), les unes ayant construit sur les ruines des autres en utilisant les materiaux des precedents edifices. Le batiment le plus remarquable est ainsi la forteresse Croises construite en utilisant des anciennes colonnes grecques et romaines puis reutilisee et amelioree par les Mamelouks. La visite est tres agreable car le beau temps est enfin de retour, ca sentirait presque le printemps ! Ca me permet aussi d apprecier l azur de la mediterranee et le petit port de Byblos. Riad, le gars que j ai rencontre la veille m accompagne pour la visite et fait en quelque sorte le guide. Il me permet aussi d en apprendre plus au sujet des refugies palestiniens, celui-ci en etant un.

Le lendemain je visite un autre site charge d histoire, celui de Baalbeck ou il y a des restes de temples romains impressionnants, le temple de Baccus etant le clou du spectacle. La encore c est une superposition de constructions de differentes epoques, le tout ayant ete protege par l enceinte que les Mamelouks ont construit autour pour en faire une forteresse. A noter que Baalbeck est une ville ou l influence du Hezbollah est forte, en temoigne l une des mosquees construite dans le plus pur style iranien avec en entree l image de Khomeni et Khamenei comme j ai pu la voir plusieurs fois en Iran... Sur le chemin du retour, je m arrete a Zahle pour visiter la cave de Ksara, vin repute au Liban; et c est vrai qu il est bon.

Je finis ma tournee du Liban par la ville de Tyr ou il subsite des ruines romaines impressionnantes. Cette ville a aussi un petit port de peche charmant et un vieux quartier chretien ou il fait bon se perdre. Je visite en premier le site romain en bord de mer ou l on peut voir des anciens bains romains, un theatre, une large voie romaine a colonnade et un systeme de stockage des eaux de voiries... Les ruines en elles memes ne sont pas exceptionnelles mais le cadre est grandiose avec la mediterranee en arriere plan. Je visite ensuite le deuxieme site de Tyr ou il subsite un arche monumental impressionnant mais surtout un ancien hippodrome, on se croirait presque dans Ben Hur. Le midi je mange a priori dans l une des cantines du contingent belge de l ONU. Et oui, il faut savoir qu il y a toujours 15 000 soldats stationnes dans le sud Liban pour 'controler' la zone... Je profite de cette belle journee de printemps pour gouter un peu la mediterranee, l eau est bonne... Sur le retour vers Beyrouth je me fais un stop a Saida, ville connu pour son souk, et effectivement s y balader est un plaisir.

Je finis mon sejour au Liban en profitant de Beyrouth en me baladant dans les differents quartiers qui degagent chacun une atmosphere specifique (quartier musulman tres vivant, quartier chretien au belle demeure, quartier des bars ou il fait bon se poser...). Je visite aussi le musee national qui me permet de faire une recapitulation de tout ce que j ai vu. A noter que les conservateurs ont eu une tres bonne idee lors de la guerre du Liban, ils avaient coule toutes les pieces majeures dans des coffrets en beton arme, les portegeant ainsi de la destruction, ce qui aurait ete une vrai perte.

Encore un grand merci a Perrine pour l accueil. Grace a elle j ai pu regouter des bonnes choses bien de chez nous (saucissons, fromages, vin rouge...), voir quelques bars et restos sympa et comprendre un peu mieux le contexte local au combien complique, encore merci. Je n aurais malheureusement croise Fred que 2 heures (ami de Perrine), le temps de manger a une terrasse devant la grotte aux pigeons ce qui est toujours mieux que rien. A l arrivee, le Liban est encore un pays que j ai bien apprecie surtout apres le froid de la Turquie, et Beyrouth fait parti des villes qui degagent une energie speciale et qu on apprecie forcement...

Flo

jeudi 12 février 2009

Traversee de la Turquie


Une montee un peu enneigee...
Mise en ligne par patricelugan33

Apres que Leo et Gildas soient repartis en France, je m occupe de l obtention du visa Syrien a Teheran. Dans les documents a fournir, il y a une lettre de recommandation de l ambassade francaise a donner. Je commence donc ma journee administrative par cette ambassade. Comme souvent les horaires ne sont pas tres pratiques et la reactivite des services pas exceptionnelle. J obtiens ainsi la fameuse lettre a 11h alors que je suis arrive a 8 h du matin. Je file alors directement a l ambassade syrienne dont le service des visas ferme a 12h. J arrive juste a temps pour pouvoir deposer mon dossier. Apres j ai droit a 2 heures d attente pour avoir un entretien avec M. le Consul. Je ne m y attendais pas plus que ca et j ai droit a des questions un peu tordues sur ma perception d Israel et pour savoir si je vais aller la-bas (il faut savoir que la Syrie ne reconnaît pas Israel et donc ils ne veulent pas de voyageur allant la-bas). Je pense qu il aurait presqueaimer m entendre dire que j etais antisemite, un peu limite quand meme. Je dois revenir le lendemain pour savoir si j obtiens le visa ou non. Comme je m y attendais un peu la reponse est negative. Cependant, entre temps, j ai pu voir sur des forums sur internet qu il est possible de passer la frontiere turco-syrienne vers Gaziantep et de faire le visa a la frontiere contrairement aux informations officielles qui disent qu il faut faire le visa avant et qu aucun visa n est accorde a la frontiere... Ca me rassure bien qu il reste un doute.

Je quitte Teheran le soir meme par le train hebdomadaire Teheran-Damas apres avoir pu enfin profiter d une journee de ciel bleu me permettant d apercevoir les montagnes depuis la capitale. C est parti pour 24 heures de train jusqu a Van en Turquie. Le train que je prends est un peu l equivalent de l ancien Orient-Express et est tres comfort avec un wagon restaurant. Je suis dans un compartiment avec deux iraniens et comme d habitude ils m offrent a manger ! L hospitalite ici, c est quelquechose. Par contre, malheureusement, un de mes compagnons ne passent pas la frontiere irano-turque. Je n ai pas vraiment le temps de savoir pourquoi, il semble qu il soit venu trop souvent ces dernieres annees ? Encore une fois je peux voir la chance que j ai d avoir un passeport Francais...

J arrive a Van de nuit, la ville est sous la neige creant une atmosphere particuliere. Le lendemain j ai le droit a du grand ciel bleu et je pars escalader les ruines du château de Van. La grimpette n est pas evidente dans la neige, mais la vue d en haut sur le lac, la ville et la chaine de montagne est superbe. Encore une fois je peux apprecier l hospitalite des gens. Le responsable de l hotel me propose de partager leur dejeuner apres m avoir deja offert le petit dejeuner. C est vraiment agreable de voyager dans ces conditions. Je quitte Van dans l apres-midi direction Dyarbakir, ville situe dans le 'Kurdistan'. Nous avons ainsi droit a un arret assez long a un check point pour controler l ensemble des passagers et les bagages...

De nouveau je ne passe qu une demi journee dans la ville ou je me suis arrete, a savoir Dyarbakir, le temps de voir un peu cette ville fortifiee (6 km de muraille entourent la vieille ville). Cette ville a une atmosphere differente de Van etant donne qu elle est dans le Kurdistan, elle apparait beaucoup moins occidentalisee. Elle possede de jolies mosquees en pierre blanche et noir et de tres beaux caravanserails etant sur l ancienne route de la soie. Je reprends la route dans l apres-midi direction Sanliurfa.

Sanliurfa aussi appele Urfa est une ville tres agreable avec une atmosphere arabe, ce qui s explique par la proximite de la Syrie. Je vois ainsi ici de nombreux cheichs apparaitre. Urfa est un lieu de pelerinage car Abraham serait ne ici dans des grottes. Il y a ainsi un 'complexe' religieux qui s est construit autour de ces grottes. Celui-ci est constitue de plusieurs mosquee, d une madrassa (ecole coranique), et d un joli jardin ou il doit faire bon se balader. Une citadelle a ete construite sur la colline qui abrite les grottes. De la, la vue sur Urfa doit etre belle lorsque le ciel est degage (et oui comme la veille, le temps n est pas trop de la partie, je retrouve des pluies comme je n en avais pas eues depuis l asie du sud est).

Mon periple en Turquie se finit a Gaziantep (aussi appele Antep). La je m assure que je peux bien obtenir mon visa a la frontiere, le temps (pluie encore) ne me permettant pas vraiment de visiter la ville. L office de tourisme et le gardien du consulat de Syrie pense que je peux avoir le visa a la frontiere ce qui me rassure.

J essaie donc de passer la frontiere le lendemain sur ces informations et celles glanees sur le net. Ma journee de transfer de Gaziantep a Beyrouth est une journee marathon. Parti a 9 heures du matin, j arrive a 2h du matin a Beyrouth a causes de passages frontieres relativement longs (d abord le turco-syrien ou j obtiens bien un visa de transit, ouf, puis la frontiere syro-libanaise), de retard dans les transports et d un arret pour mettre un salon constitue de 4 canapes dans les soutes d un bus (je peux dire que les syriens ne sont pas mauvais a tetris meme si ca a pris du temps). Etant arrive tres tard, je n ai pas pu contacte Perrine (une amie journaliste vivant a Beyrouth), j affronte donc la derniere difficulte de la journee : trouver un hotel a Beyrouth. Le premier que je fais est plein; le deuxieme a une place dans un dortoir mais le lit que me propose le gerant me semble occupe. Je m y installe quand meme mais je suis reveille vers 3 h par l occupant qui revient de soiree. Il est plutot sympa est trouve une autre solution pour dormir, c est cool car je ne me voyais pas bouger de nouveau !

Mon passage en Turquie aura ete bref comme prevu mais m aura permis quand meme d entre-apercevoir un peu la partie est de ce pays. Meme si le temps n a pas vraiment ete de la partie, j ai rencontre des gens vraiment aimables qui me laissent un bon a priori sur ce pays. Maintenant place au Liban dont on m a dit le plus grand bien.

Flo


L Iran, on a aime


Mont Damavand
Mise en ligne par patricelugan33

Toujours en attendant mes pigistes...

Trois barbus au pays des shahs !


Trois touristes en tout et pour tout !
Mise en ligne par patricelugan33



Ils se sont fait attendre, mais ca valait le coup. Voici donc le recit de notre premiere semaine en Iran (Leo, Gildas et Moi).

Salut, on s'appelle Gildas et Léo, et nous avons rejoint Flo pour visiter l'Iran. Nous prenons donc temporairement le relais sur le blog.
Après quelques péripéties de visa, nous arrivons à Teheran le 3 janvier 2009, ou plutôt le 16/10/1387 (calendrier solaire persan iranien).
Première prise de contact avec les iraniens: société beaucoup plus « occidentalisée » que nous ne l’imaginions !
Nous débarquons cependant en période d'Ashura, une des plus importantes fête religieuse chiite de l'année. Plongeon direct dans les cérémonies célébrant le martyr de l'Imam Hossein (le 3ème pour les connaisseurs).
Nous rejoignons Flo à Bam, ville du Sud de l'Iran. Il a l'air d'aller bien et se cache derrière une grosse barbe (à trous). La guesthouse où il nous attend depuis 24 h est entièrement décorée de ses chaussettes et caleçon, qui sèchent.
Retrouvailles avec pizzas et bières sans alcool, faute de mieux en période d'ashura.
La ville de Bam est célèbre pour sa citadelle antique, remarquablement bien conservée (et rénovée) jusqu'à un jour de décembre 2003, où la terre se met à trembler..... et BAM !
Le site (classé UNESCO) devait être grandiose auparavant. Pour se donner une idée nous partons voir la citadelle de Rayen, moins importante mais encore debout. Passage par les hauts-plateaux semi-désertiques, d'où émergent des chaînes de montagnes à 4000 m, c'est Ziba ! (Beau)
Le contact avec les iraniens ? Pas beaucoup de touristes par ici et les gens, très fiers de leur pays et de son histoire, abordent facilement les voyageurs. La préoccupation principale est l'image du pays, et ils ont raison car l'image que nous donnent les médias occidentaux est aux antipodes de l'accueil réservé aux étrangers, enfin aux français tout du moins.
Petit exemple: pour rejoindre la ville de Rayen, nous avons été déposé par un bus au carrefour de deux routes. 5 minutes plus tard le garde au poste de police nous a quasi « réquisitionné » une voiture pour nous emmener à Rayen. Le conducteur, qui aurait pu être un peu désabusé, nous a aidé à chercher l'hotel à Rayen, nous y a déposé et a même tenu à visiter les chambre avec nous, pour voir si cela convenait !
On hallucine....
Actualité oblige, la deuxième préoccupation est souvent notre avis sur ce qui se passe à Gaza ... sujet sensible....
Les jours suivants nous rejoignons (en bus) la ville de Kerman, et faisons une excursion dans le désert, aux « Kaluts », site géologique inexpliqué alliant canyons et désert de sable.
On fait les andouilles par 25°C, ça fait du bien. Ce sera le plus chaud qu'on aura en Iran.

Après les étendues désertiques, retour en ville: Kerman. Bouffe dans un parc, puis on se refait une beauté chez le barbier: rasage perse, rapide et précis. Pendant qu'on nous rase les 2 barbiers discutent du prix qu'ils vont nous faire payer, en fait il négocient entre eux.
On sort de là (finalement on a payé le prix pas cher), rasé on sent bon et surtout: on se sent propres !! Ca donne envie d'y retourner…
Le soir on mate un morceau de manchester-jesaisplusquoi à la gare routière, puis on prend un bus de nuit pour Shiraz. Après une nuit secouée, arrivée à Shiraz à 5h30, petit dej avec un business man iranien rencontré dans le bus, qui se la raconte (dès le matin).
Dépôt à l'hôtel et grasse mat’. Après on prend contact avec la ville: on visite un fort, le bazar, on mange un Dizi ..
STOP ! Mais qu'est ce que c'est que le Dizi ???
Sur un grand plateau en fer blanc, on reçoit un pot en terre cuite rempli de jus dans lequel se trouve du mouton bouilli, des légumes, des pois chiches et autres trucs non identifiés. On reçoit également un bol, une assiette, un pilon, une cuiller et une tonne de nan, le pain plat typique.
La première étape consiste à déguster une soupe. On fait des petits carrés de nan que l'on met dans le bol, puis on verse le jus par dessus. Le pain imbibe le jus.
Une fois la soupe terminée, le reste des ingrédients dans le pot est entièrement pilé, concassé, écrasé avec le pilon, puis on verse la sorte de pâte dans l'assiette, et on la mange avec les mains, en la pinçant dans un morceau de nan. On peut alors ajouter un accompagnant, comme de l'oignon, des herbes fraîches.
Ou alors on fait comme flo, on ne mange pas la soupe au pain, on passe directement à l'étape n°2 et on se retrouve avec une bouillie informe, mais au moins l'assiette est bien garnie.
Quoi qu'il en soit, chacun le mange comme il veut mais c'est délicieux et puis c'est une bonne excuse pour jouer avec la nourriture.
Lors de la balade digestive, on passe devant un mausolée, on hésite à rentrer, finalement on y va et là: hallucinant, des petits miroirs du sol au plafond, lumière verte (lumière de l'islam), splendide.
On visite ensuite la tombe de Hafez, célèbre poète et légende vivante en Iran. Sa célébrité tient dans la subtilité de ses vers, qui laissent une marge d'interprétation entre la symbolique religieuse (amour de Dieu) et les plaisirs de la vie. Extrait du poème « La source de vie»
«
Celui qui tient la coupe en main
est comme un roi toute sa vie
Khezr trouva la source de vie:
cherch-la à l'auberge, là
Où la coupe tu trouveras »
Pour nous, c'est certes subtil mais sans ambiguïté.... à suivre ....

Visite du coeur de l Iran


Trois touristes en tout et pour tout !
Mise en ligne par patricelugan33

En route pour Persépolis !
Depuis Shiraz, excursion pour une journée à thème « ruines ». Le chauffeur de taxi est vraiment sympa: il a une analyse très intéressante du régime et nous offre le petit dej en arrivant à Pasargades. Pain frais, fromage frais, tout seuls assis sur un tapis au milieu d'un grand parking vide.
De Pasargades, cité achéménide de Cyrus le grand, il ne reste pas grand chose debout, mais l'étendue des lieux et les dimensions colossales des vestiges laissent imaginer ce que devait être cette capitale antique (env 550 av JC).
Puis Naqsh-e Rostam: 4 tombeaux creusés dans la roche, d'époque achéménide et sassanide. Grandiose aussi, ça ressemble un peu à un décors de cinéma (style Indiana Jones = Petra en Jordanie). Culturellement très intéressant, surtout le petit verre de Shiraz, fait maison, qu'on nous propose en sortant du site ! Le vin est jeune mais apparemment il ne lui laisse pas le temps de vieillir. Ce sera le seul verre alcoolisé qu'on aura en 3 semaines (!).
Naqsh-e Rajab, bas reliefs graffités. Mais mêmes les graffitis semblent archéologiques.
Puis le clou du spectacle: Persépolis. Le site est monumental. Il remonte à Darius 1er (roi achéménide, env 500 av. JC). Les vestiges sont mieux conservés qu'à Pasargades, et la ville est constituée de palais, portes, escaliers. Ca doit être le site archéologique le plus visité en Iran, mais vu qu'en ce moment c'est la saison creuse, même les touristes Iraniens se font rares.
Le lendemain après une matinée laborieuse (2h pour trouver à manger, c'est l'inconvénient des activités sectorisées en quartiers, quand on est pas dans le quartier du petit déjeuner, on galère) on quitte Shiraz en bus. Des routes de montagnes avec tempête de neige, un arrêt prière dans une station service-mosquée prévue à cet effet, et nous voilà droppés sur un rond point à Yazd.
Descente au Silk Road hôtel. C'est l'hôtel le plus sympa qu'on fera en Iran, c'est aussi un lieu prisé des voyageurs étrangers, agréable, pas cher avec accueil très chaleureux d'Ali, le gérant. On fait pas mal de rencontres, on parle cépages viticoles, gastronomie et laïcité. Le centre de Yazd est constitué d'un dédale de ruelles. L'habitat traditionnel est très bien conservé: murs en brique et torchis, toits voûtés et des « tours du vent », des systèmes de clim par circulation d'air. Balade, visites, inauguration d'un livre d'or à l'office de tourisme, on cherche désespérément un hammam et on se retrouve systématiquement dans un resto.
L'absence de hammam nous a étonné, nous n'en avons trouvé aucun en service. Officiellement c'est parce que « aujourd'hui tout le monde a des douches chez soi et que ce n'est plus rentable économiquement ». La vrai raison semble être que tous les endroits relativement intimistes où les gens pouvaient se retrouver tranquilles pour parler (du régime par exemple) ne sont plus au goût des Mollah. A Yazd d'ailleurs même les Chaïkhaneh, les salons de thé où l'on fume le Qualian (Narguilé), sont interdites.
C’est le moment d’ouvrir une parenthèse Q. Afin de faciliter nos échanges, nous nous sommes bien évidemment aventurés à apprendre quelques mots de persan. Force est de constater que cela nous a réellement servi et même ouvert quelques portes. Le Q est un réel problème en Iran, surtout pour les touristes étrangers que nous sommes. Il est tout bonnement imprononçable !
Yazd abrite la plus grande communauté zoroastrienne du pays. Le zoroastrianisme était la principale religion persane pré islamique. C’était par exemple la religion de Cyrus le Grand et des Achéménides. Nous visitons un temple où le feu sacré brûle depuis 1500 ans sans discontinuité, sous l'oeil averti d'Ahura Mazda (leur principal Dieu). Nous visitons également les tours du silence, sortes de grands cratères au sommet de montagnes où étaient déposés les morts. La terre et le feu étant sacrés pour la croyance zoroastrienne, les morts n'étaient ni enterrés ni incinérés mais exposés aux vautours (après une cérémonie funéraire, bien sûr). Il y a plusieurs divinités dans la religion zoroastrienne + des croyances attachées au feu et à la terre, nous ça nous paraît un peu bizarre que ça puisse exister sous un régime islamique dur qui ne tolère que les religions du Livre. Mais apparemment les zoroastriens ont réussi à faire gober, il y a bien longtemps, qu'ils pratiquaient une religion du Livre. Soit. Tant mieux pour eux. On croise d'ailleurs un mollah lors de la visite du temple du feu sacré, c'est peut-être un audit ?
Nous passons ensuite 3 jours sur Esfahan, ville qui a la réputation d'être « la moitié du monde », grâce à Shah Abbas le Grand, qui l'aménagea au 17ème siècle, avec des jardins, des palais. Effectivement on en prend plein les yeux, surtout au niveau des mosquées qui sont bien énormes. Les mosquées sont des véritables lieux de vies et contrairement à ce qu'on pourrait penser, les touristes y sont admis sans problème (sauf dans certaines villes saintes). A l'intérieur les gens sont peinards, causent, prient un peu, parfois révisent leurs cours, etc.
Les premiers jours en Iran, on hésite à aller dans les salles de prières, et puis le plus souvent ce sont les iraniens qui nous invitent à y entrer. C'est calme et surtout agréable de sortir de ses chaussures pour marcher sur des tapis doux, sauf bien sûr pour ceux qui ont la flemme d'enlever leur pompes 4 fois par jour (n'est-ce pas
Flo...?)
Sur la place de l'Imam, grande place rectangulaire centrale (très cholie), incontournable, les gens sont habitués à voir des touristes, et pas mal de bonnes âmes sont prêtes à nous offrir du thé:- Salam, were are you from ?- From France- Welcome to Esfahan, do you wan't to have a the ?- We won't buy a carpet- Hé hé... goodbye…
Mais d'autres rencontres sont plus incongrues: nous sympathisons ainsi avec 2 étudiants germanophones. Ils n’ont jamais mis les pieds en Allemagne (pas de leur faute, en Iran les hommes n'ont pas le droit de sortir du pays tant qu'ils n'ont pas fait 2 ans de service militaire) mais parlent couramment ! Puis on se retrouve dans une chaïkhaneh à fumer le qualian (autorisé ici) en traduisant des proverbes allemand en français… surréaliste. On aura d'ailleurs notre revanche...
Après deux jours intensifs de mosquées, nous pénétrons dans une église arménienne, située dans le quartier de Jolfa au sud d'Esfahan. On se sent comme à la maison, un peu moins athée peut être (?).Le soir en se baladant dans Jolfa, alors qu'on cherche un resto (les arméniens pilotent le marché noir des alcools), on se met à discuter avec des étudiants dans la rue. Au bout de 10 min, 4 gars à moto nous disent de dégager. C'est la police islamique et les regroupements sont interdits, surtout dans le quartier arménien... piqure de rappel juste pour ne pas oublier qu'on est dans une dictature.
Si la pression du régime est forte, on est assez souvent témoins de révoltes individuelles contre les manque de liberté. Entre les filles dont le voile a tendance à tomber le soir (scandaleux), les gars (avec qui on discute) et qui nous expliquent que les mollah ont juste mis en place une vaste fumisterie pour contrôler le peuple, on assiste aussi parfois littéralement à des pétages de plomb, comme ce mec qui se met subitement à hurler sur un flic, sur un pont d'Esfahan, le traiter de ????, incalmable...
Mais ce qui est aussi certain, et avoué sur le bout de lèvres par les iraniens des classes aisées (qui parlent anglais et avec qui on peut avoir de vraies discussions), c'est que la révolution islamique a établi une distribution des richesses vers les classes pauvres. Sous le régime du Shah, il semblerait que les richesses se partageaient entre une élite et que la grande majorité n'avait pas toujours de quoi vivre…
Pays de contraste.

Recit de la troisieme semaine dans le prochain message.