
Trois touristes en tout et pour tout !
Mise en ligne par patricelugan33
Ils se sont fait attendre, mais ca valait le coup. Voici donc le recit de notre premiere semaine en Iran (Leo, Gildas et Moi).
Salut, on s'appelle Gildas et Léo, et nous avons rejoint Flo pour visiter l'Iran. Nous prenons donc temporairement le relais sur le blog.
Après quelques péripéties de visa, nous arrivons à Teheran le 3 janvier 2009, ou plutôt le 16/10/1387 (calendrier solaire persan iranien).
Première prise de contact avec les iraniens: société beaucoup plus « occidentalisée » que nous ne l’imaginions !
Nous débarquons cependant en période d'Ashura, une des plus importantes fête religieuse chiite de l'année. Plongeon direct dans les cérémonies célébrant le martyr de l'Imam Hossein (le 3ème pour les connaisseurs).
Nous rejoignons Flo à Bam, ville du Sud de l'Iran. Il a l'air d'aller bien et se cache derrière une grosse barbe (à trous). La guesthouse où il nous attend depuis 24 h est entièrement décorée de ses chaussettes et caleçon, qui sèchent.
Retrouvailles avec pizzas et bières sans alcool, faute de mieux en période d'ashura.
La ville de Bam est célèbre pour sa citadelle antique, remarquablement bien conservée (et rénovée) jusqu'à un jour de décembre 2003, où la terre se met à trembler..... et BAM !
Le site (classé UNESCO) devait être grandiose auparavant. Pour se donner une idée nous partons voir la citadelle de Rayen, moins importante mais encore debout. Passage par les hauts-plateaux semi-désertiques, d'où émergent des chaînes de montagnes à 4000 m, c'est Ziba ! (Beau)
Le contact avec les iraniens ? Pas beaucoup de touristes par ici et les gens, très fiers de leur pays et de son histoire, abordent facilement les voyageurs. La préoccupation principale est l'image du pays, et ils ont raison car l'image que nous donnent les médias occidentaux est aux antipodes de l'accueil réservé aux étrangers, enfin aux français tout du moins.
Petit exemple: pour rejoindre la ville de Rayen, nous avons été déposé par un bus au carrefour de deux routes. 5 minutes plus tard le garde au poste de police nous a quasi « réquisitionné » une voiture pour nous emmener à Rayen. Le conducteur, qui aurait pu être un peu désabusé, nous a aidé à chercher l'hotel à Rayen, nous y a déposé et a même tenu à visiter les chambre avec nous, pour voir si cela convenait !
On hallucine....
Actualité oblige, la deuxième préoccupation est souvent notre avis sur ce qui se passe à Gaza ... sujet sensible....
Les jours suivants nous rejoignons (en bus) la ville de Kerman, et faisons une excursion dans le désert, aux « Kaluts », site géologique inexpliqué alliant canyons et désert de sable.
On fait les andouilles par 25°C, ça fait du bien. Ce sera le plus chaud qu'on aura en Iran.
Après les étendues désertiques, retour en ville: Kerman. Bouffe dans un parc, puis on se refait une beauté chez le barbier: rasage perse, rapide et précis. Pendant qu'on nous rase les 2 barbiers discutent du prix qu'ils vont nous faire payer, en fait il négocient entre eux.
On sort de là (finalement on a payé le prix pas cher), rasé on sent bon et surtout: on se sent propres !! Ca donne envie d'y retourner…
Le soir on mate un morceau de manchester-jesaisplusquoi à la gare routière, puis on prend un bus de nuit pour Shiraz. Après une nuit secouée, arrivée à Shiraz à 5h30, petit dej avec un business man iranien rencontré dans le bus, qui se la raconte (dès le matin).
Dépôt à l'hôtel et grasse mat’. Après on prend contact avec la ville: on visite un fort, le bazar, on mange un Dizi ..
STOP ! Mais qu'est ce que c'est que le Dizi ???
Sur un grand plateau en fer blanc, on reçoit un pot en terre cuite rempli de jus dans lequel se trouve du mouton bouilli, des légumes, des pois chiches et autres trucs non identifiés. On reçoit également un bol, une assiette, un pilon, une cuiller et une tonne de nan, le pain plat typique.
La première étape consiste à déguster une soupe. On fait des petits carrés de nan que l'on met dans le bol, puis on verse le jus par dessus. Le pain imbibe le jus.
Une fois la soupe terminée, le reste des ingrédients dans le pot est entièrement pilé, concassé, écrasé avec le pilon, puis on verse la sorte de pâte dans l'assiette, et on la mange avec les mains, en la pinçant dans un morceau de nan. On peut alors ajouter un accompagnant, comme de l'oignon, des herbes fraîches.
Ou alors on fait comme flo, on ne mange pas la soupe au pain, on passe directement à l'étape n°2 et on se retrouve avec une bouillie informe, mais au moins l'assiette est bien garnie.
Quoi qu'il en soit, chacun le mange comme il veut mais c'est délicieux et puis c'est une bonne excuse pour jouer avec la nourriture.
Lors de la balade digestive, on passe devant un mausolée, on hésite à rentrer, finalement on y va et là: hallucinant, des petits miroirs du sol au plafond, lumière verte (lumière de l'islam), splendide.
On visite ensuite la tombe de Hafez, célèbre poète et légende vivante en Iran. Sa célébrité tient dans la subtilité de ses vers, qui laissent une marge d'interprétation entre la symbolique religieuse (amour de Dieu) et les plaisirs de la vie. Extrait du poème « La source de vie»
«
Celui qui tient la coupe en main
est comme un roi toute sa vie
Khezr trouva la source de vie:
cherch-la à l'auberge, là
Où la coupe tu trouveras »
Pour nous, c'est certes subtil mais sans ambiguïté.... à suivre ....
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