
Notre mobylette de location pour relier Gorom-gorom a Markoye
Mise en ligne par patricelugan33
Ca va faire maintenant un mois et demi que je suis rentré et la vie a repris son cours : boulot, soirée avec les copains, WE à droite à gauche... Pour info les prochaines destinations s'appeleront Vietnam et Croatie, ça c'est dans le cadre du boulot, reste à voir après pour les vacances !
Je n'ai pas encore vraiment pris le temps de me poser et d'exploiter toutes les photos pour faire quelque chose de sympa. Cet hiver ? On verra bien...
Bon maintenant c'est avec un peu de nostalgie que je mets la suite de nos aventures avec Nico au Togo et au Burkina, mon pigiste togolais ayant mis un peu de temps à rédiger la deuxième partie de notre voyage... Mais bon ce n'est pas le pire puisque j'attends toujours le pigiste Gildas pour la troisième semaine d'Iran !
Place donc maintenant à l'artiste Nico vu que ces récits sont vraiment sympa :
Après avoir bien aiguisé ma plume, je reviens sur le blog de Flo pour apporter la touche finale au périple togolo-burkiné.
Après une bonne pluie, la fraîcheur matinale nous accompagne pour aller à la rencontre des hippopotames de la mare de Nangbati... Petite déception, avec ce qui est tomber la veille, les hippos comatent dans l'eau... dans la série vive les appareils numériques, on prend une trentaine de photos d'une dizaine de paires d'oreilles dépassant tout juste de la surface à 150 mètres de distance...
Mais le route nous attends déjà, je vous passe les détails de la prise de mini-bus... non finalement, je m'y attarde un petit peu parce qu'on a expérimenté le « tu montes dans un bus presque prêt à partir puis va savoir pourquoi le chauffeur fait descendre tout le monde, et te dit de monter dans un autre bus » et nous revoilà parti pour une petite heure de déchargement-rechargement, une petite pause au marché pour charger une dizaine de sacs de riz de 50 kg sur le toit et enfin la voie est libre !
Direction Bambouaka où nous retrouvons Siel, qui tient un petit campement en bordure de falaises qui surplombe toute la vallée... juste un coin de pur tranquillité avec des petits recoins où des sièges appellent à la méditation ! Siel a recréé un campement Moba (ethnie du Nord du Togo) et fait partager les beautés de la région des Savanes. Accompagné de son aide Siba, nous voilà parti à deux motos à la découverte des grottes de Nano.
Après une petite heure de piste, on se retrouve sur les hauteurs des plateaux... on ne se démonte pas devant l'échelle en fer qui permet d'accéder au site et on arrive dans un vrai village incrusté dans la roche... c'est impressionnant ! Ces grottes servaient de refuge aux populations qui fuyaient les guerres tribales, il reste encore des greniers à grain, des poulaillers dans un très bon état de conservation... Juste le temps de profiter du cadre et de la vue magnifique sur la plaine, on se retourne pour constater qu'une dizaine d'enfants du village voisin nous suivent à la trace... La nuit tombant rapidement, nous rentrons au campement à Pligou pour passer la nuit à la belle étoile...
Le paysage à notre réveil est juste à couper le souffle, la plaine s'étire sous nos yeux avec ci et là les habitations traditionnelles Moba, les champs s'étalent à perte de vue... Le petit-déj enfilé, on se retrouve sur la route de Namoudjoga pour tâter de la peinture rupestre... On fait une pause chez les soeurs de Dapaong pour se ravitailler en pâté de tête, jambon... un coup de chapeau aux Soeurs, je sais pas si elles ont trouvé Dieu au fin fond du Togo mais en tout cas elles ont trouvé la recette pour la bonne charcutaille et c'est déjà énorme (en tout cas assez pour moi) !
La route est un peu dur avec nos deux compères, 40 bornes de pistes en plein caniar avec la poussière mais nous arrivons au site... c'est un gros caillou en forme de tête de serpent posé au milieux de rien sur les parois duquel on distingue des dessins d'hommes, de soleil, d'animaux... c'est pas les grottes de Lascaux mais n'empêchent qu'une ribambelle de scientifiques se cassent la tête depuis des dizaines d'année pour comprendre qui, comment et pourquoi sans trop de succès... Sur le chemin du retour, nous partageons quelques calebasses de tchouk avec Siel et Siba avant de passer notre dernière nuit au campement...
Le lendemain, départ pour le Burkina.... A partir de Dapaong, on prend un taxi jesaispluscombiendeplace ou bien saucissonnés, nous arrivons à Cinkassé, le poste frontière entre le Togo et le Burkina Fait Chaud, le Pays des Hommes Intègres. Passage de frontière décontracté et avant de prendre le bus pour Ouaga on se cale une bonne pintade (spécialité culinaire du Nord Togo)... Pour la première fois du voyage, on se retrouve dans un grand bus qui a une heure de départ fixe (pour l'arrivée ça reste des plus aléatoires)... Arrivée en début de soirée à Ouaga où nous logeons chez Brice, rapide découverte de la nuit burkinée (et non burkinabaise pour certains petits malins) entre un petit resto le « Bar à tapas » tenu par Alain, le frère d'un pote de Lomé, puis échauffement dans un café concert avant de clôturer cette belle soirée par quelques pas de coupé-décalé dans un dancing de la place !
Au petit matin, départ pour Bani réputé pour ses 7 mosquées en banco... En arrivant au village, tous les habitants sont regroupé sur la place centrale pour assister à une pièce de théâtre de prévention contre le VIH / SIDA... scène étonnante où toutes les catégories de la population se retrouvent dans une orgie (le terme n'est peut-être pas le plus adapté) de couleur et de bonne humeur... On partage le repas avec des petits fonctionnaires, comme ils s'appellent eux mêmes, très sympas entre tournées de brochettes et de bières et avec ce leitmotiv : « au Burkina, y a 50 % de chrétiens, 50 % de musulmans et 100 % d'animistes ». Puis, nous visitons les mosquées : le grande mosquée avec son haut minaret en banco est la mieux conservée, elle est entourée de six autres mosquées construit sur les collines avoisinantes qui sont censées représentés la position d'un musulman en train de prier : la grande mosquée symbolise la tête, deux autres sont pour les pieds, deux pour les épaules et les deux dernières pour les pieds. Le six petites mosquées sont dans un état de décrépitude avancé mais la balade entre ces ruines est superbe !
Nous finissons la journée avec deux bus qui nous amènent jusqu'à Gorom Gorom, dernière ville importante sur la route du Niger... une nuit à la belle étoile avec une petite cérémonie du thé, je m'écroule de fatigue après le second, Flo résiste jusqu'au troisième...
Au petit matin , nous voulons nous rendre à Markoye, village à 45 kms de Gorom où se tient un marché aux bestiaux réputé dans tout le Sahel... le seul problème, c'est que nous avons fait la grasse matinée jusqu'à 7 h 30 et qu'à cette heure là, tous les taxis, mini bus sont déjà partis depuis belle lurette... plein d'espoir, nous squattons un bout d'ombre en bord de route dans l'attente d'une éventuelle occasion... après une heure d'attente vaine, nous louons un petite moto à 3 vitesses qui avec Flo et moi dessus doit attendre les 40 km/heure en descente avec un peu de vent dans le dos...
Dans la série des poireaux du Paris-Dakar, on est pas mal... petit coup de stress quand l'engin s'arrête net... impossible à redémarrer ! Par chance, on est dans un des rares micro-villages que nous traversons, le maître de l'école primaire après deux trois gris gris fait redémarrer la bécane, allez en route !
Markoye, point de convergence de tout ce que le Sahel connaît de vendeur de dromadaires, chameaux, buffles, zébus, ânes j'en passe et des meilleurs... atmosphères étrangères où les champs à proximité du village sont investis par des troupeaux entiers avec les gardiens couverts d'un chèche qui leur englobe la quasi-totalité du visage et l'intérieur du village qui n'est plus qu'une longue suite d'étales de couleurs et de parfums où les femmes parées de leurs plus belles tenues négocient les marchandises. On déambule paisiblement en se préparant mentalement au retour sur la mobylette... retour à Gorom pour une dernière nuit à la belle étoile avant le retour sur Ouagadougou....
Avant dernier jour de périple pour moi, retour sur Ouaga sans encombre où on se cale dans une arrière cour pour assister à un match de Ligue des Champions entre Porto et Manchester. Comme au Togo, ce genre de match déchaîne les passions, les gens suivent de près les championnats de foot européens, surtout la première ligue anglaise, et sont au taqué quand leur équipe favorite joue... Un dernier repas au « Bar à Tapas » à déguster un petit pâté de tête à la mangue (un pur bonheur) avec un petit rouge en se remémorant les bons moments et les petites galères du voyage...
Ma part de boulot tire à sa fin, je laisse Flo à ses péripéties pour retourner tranquillement vers Lomé, point de départ de notre périple...
Nico
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