lundi 25 mai 2009

A mon tour de rentrer au bercail !




Apres un peu plus d un an autour de notre belle planete, me voici de retour en France a Angers en ce 25 mai 2009, 5 mois apres Pat. Une tres belle aventure s acheve; maintenant place a la famille, aux amis et dans 3 semaines au boulot...
En ce moment beaucoup de visages tournent dans ma tete; merci encore a tous ceux qui nous ont accueillis, qui ont fait un bout de route avec nous, qui nous ont fait vivre leur pays, leurs coutumes, leurs traditions, qui ont partage un repas ou un dortoir... et rendu ce voyage si riche et agreable; merci pour tout.

Flo

Une longue remontee vers la France depuis Dakar


Du desert et encore du desert mais que c est beau !
Mise en ligne par patricelugan33


Première étape de la remontée vers la France depuis Dakar, Saint Louis, ancienne ville coloniale et capitale de l'Afrique de l'Ouest française. Je l'avais visité il y a 7 ans et là encore la ville n a pas trop changée, du moins le coeur historique, mais c'est normal puisqu'il est classé UNESCO.

J'enchaine le lendemain avec le passage frontière Sénégalo-Mauritanien au niveau de Rosso où il faut traverser le fleuve Sénégal. Je craignais un peu ce passage frontière car il avait mauvaise réputation mais en fait il s'est très bien passé et en plus rapidemment. Il semble que lorsqu'on est a pied et dans ce sens, il n'y ait pas de problème. C'est peut être une autre histoire quand on est dans l'autre sens et avec une voiture...
Apres, c'est quand même un peu le "bordel" pour trouver un taxi-brousse pour rejoindre Nouakchott (capitale de la Mauritanie), car il y a beaucoup de taxis clandestins. Au final, un policier m'a fait monter dans un taxi regulier, c est pas plus mal. C est alors parti pour un trajet assez fatiguant puisque j'ai retrouvé la configuration 2-4-3 ! Les paysages se desertifient au fur et à mesure que l'on remonte. C'est déjà bien désertique au niveau de Nouakchott.

Arrivée à Nouakchott, je me balade un peu pour visiter la ville et vais voir le marché aux poissons situé a 5 km du centre de Nouakchott en bordure de mer. C est un marché très animé ou l'on peut profiter du spectacle en toute quiétude, les mauritaniens étant indifférents à la présence de touristes. Par conrtre, si l'on veut discuter avec eux, ils sont très ouverts.
Le soir je retrouve Manon et Vincent, deux amis journalistes de Perrine, qui m'emmène chez des amis à eux. Toujours intéressant d'entendre parler d un pays par des personnes qui le connaissent bien, la grosse question d actualité étant de savoir s'il y aura des élections le 6 juin où si elles seront reportées (à priori elles auront bien lieu).
Me posant des questions sur mon prochain passage frontière entre la Mauritanie et le Maroc (problème de transport ou non, ce n'est pas très clair), je vais au marché "marrocains" de Nouakchott voir s'il y a des occasions pour remonter sur le Maroc. Il y en a effectivement constitué par les camions fruitiers marocains qui font des aller-retour entre les deux pays. Ils mettent en moyenne 72h pour remonter sur Agadir. Après réflexion, je préfère continuer ma remontée en taxi-brousee jusqu'à Nouadhibou car cela me permet de voir une ville supplémentaire, c'est à peu près aussi rapide et les prix pratiqués par les camions fruitiers ne sont pas forcément intéressants.

Me voici donc de nouveau dans un 2-4-3 direction Nouadhibou. Le long de la route je peux apprécier de superbes paysages désertiques, par endroit la mer de dunes allant plonger dans l'océan. Nous arrivons sur Nouadhibou au moment même où le train minéralier quitte la ville. Ce train serait le plus long du monde et c'est vrai qu'on le longe un bon moment et tout ça par soleil couchant, c'est superbe. Le soir petite balade dans la ville qui n a pas beaucoup de charme.

Je continue ma remontée rapide le lendemain en prenant à nouveau un taxi-brousse direction Dakhla au Maroc, partie sahara occidental. Au final il existe donc bien maintenant des transports en commun entre les deux pays (ce qui n était pas le cas par le passé). Le passage frontière est très long, en particulier du côté marocain où l'on passe plus de 3 heures pour obtenir le cachet d'entrée sur le passeport, c'est long. Par chance je sympathise avec deux français qui descendaient une voiture et m'offre un bon sandwich avec de la rosette, ça sent la France tout ça !

Arrivé à Dakhla en début de soirée, j ai a peine le temps de me balader un peu dans la ville (qui est étonnement développée pour une ville "perdue" dans le désert) que je prends un bus de nuit direction Agadir. Me voilà de nouveau dans les transports pour un trajet de presque 20 heures. Les paysages sont toujours superbes le long de la côte du Sahara Occidental.

Je ne resterais qu'une soirée a Agadir, le temps de me balader un peu dans la ville et de voir la "croisette" locale. Là encore je suis étonné de voir comment la ville est développée, je me sens déjà plus en Europe qu en Afrique...

Le lendemain, je continue de tracer mon chemin et prends un bus pour Marrakech. Arrivé là-bas, je me renseigne pour les bus en direction de la France. Il y en a un le jour même sinon je dois attendre 3 jours. Je serais bien resté au moins une journée ici pour visiter la ville mais je me décide finalement à prendre le bus du jour même. Je n'ai ainsi que 4 heures pour déambuler un peu dans le centre de Marrakech, le temps de voir la place Jamee Al Fna avec ses charmeurs de serpents, ses diseuses de bonnes aventures, ses marchands de fruits secs..., la Koutoubia (jolie mosquée) et le Souk; et me voici déjà dans un bus direction Tours en France. Là c'est parti pour 40 heures de bus ! Je suis le seul "blanc" dans le bus, la majorité de passagers étant des retraités d'origine marocaines faisant des aller-retour entre la France et le Maroc, "leurs deux pays".

La première nuit est très courte puisque l'on fait un arrêt à 23h00 pour manger et arrivons à 3h00 à Ceuta (enclave espagnol sur le territoire marocain) pour faire les formalités administratives avant d'embarquer sur le premier bateau qui traverse le détroit de Gibraltar à 5h00. Le reste est une traversée de l'Espagne puis de la France. Un dernier train pour rejoindre Angers et me voici après un peu moins de 5 000 km fait depuis Dakar en une semaine de retour au bercail après un peu plus d'un an de voyage.


Flo

Derniere etape : le Senegal, 7 ans apres


Faux Lion dansant
Mise en ligne par patricelugan33



Pour ceux qui ne le savent pas ou ne s en souviennent pas, j avais fait il y a 7 ans un stage de 3 mois au Senegal a l Office National de l Assainissement du Senegal (ONAS). J avais vraiment été bien accueilli dans la boite ainsi que dans la famille ou je logeais et ai garde un super souvenir du Senegal. Faut dire que c était aussi l annee de la coupe du Monde 2002 ou le Senegal avait battu la France 1-0 et avait été en quart de final, donc une atmosphere d euphorie avait planne pendant tout le stage. C est donc avec un certain plaisir que je suis revenu au Senegal et ce n est pas pour rien que je l ai choisi comme veritable derniere destination (on garde le meilleur pour la fin…).

J ai attaque le Senegal par la Casamance, region un peu isolee du Senegal du fait de la Gambie et ou a regne pendant plusieurs annees un conflit entre rebelle et force gouvernementale (il y a toujours un peu de banditisme mais la situation est quasi normal aujoud hui). J ai revisite Ziguinchor, ville principale de Casamance, que j avais deja vu il y a 7 ans en compagnie de Romain et Mickael. On peu dire que rien a change pratiquement, c est toujours aussi tranquille. Le seul changement est le petit parc a la memoire des naufrages du Joola, bateau qui a coule en septembre 2002 faisant presque 2000 morts. Il est un peu choquant de voir comment ce memorial est laisse a l abandon... Pour l histoire, nous voulions vraiment venir en Casamance avec Le Joola en 2002 mais celui-ci etait en panne et nous avions du nous resigner a y aller en taxi-brousse. Quelque part c etait pas plus mal vu que le Joola a coule un peu plus d un mois apres notre passage...
Et pour cette annee 2009, il m est arrive a peu pres la meme chose avec le train Bamako-Dakar. Je voulais prendre ce train mais du fait du retard j ai pris le bus. Encore une fois, c etait pas plus mal puisque le train que j aurais pris si j avais attendu a deraille a pleine vitesse faisant une 10aine de morts et de nombreux blesses. Je dois avoir une bonne etoile...

Pour revenir a la Casamance, outre Ziguinchor, je suis allé a Cap Skirring pour profiter de ses belles plages; elles etaient desertes vu la saison, enfin il y a avait quelques vaches qui profitaient comme moi de la quietude du lieu. J ai voulu m installer sur la belle plage du Club Med (sans le savoir), mais meme le Club Med ferme, on n a pas le droit de s assoir sur la plage...

Pour rejoindre Dakar, j ai pris le nouveau bateau, le Aline Sitoe Diatta, bateau ayant remplace le Joola. C est un voyage plutot bien agreable car on remonte le fleuve Casamance en fin de journee ce qui permet de profiter du paysage (mangrove, villages de pêcheurs, pecheurs en action...) avec une jolie lumiere. A l embouchure du fleuve, on peut apercevoir des dauphins qui profitent sans doute des remous provoqués par le bateau pour trouver a manger.

Apres une nuit de bateau, me voila a Dakar accueilli par Abdoulaye, un tres bon ami, ancien collegue de l ONAS. Il m emmene directement a la direction de l ONAS ou je recroise plein d anciens collegues, ca fait bizarre mais vraiment plaisir. Je croise aussi Seydou, le pere de la famille dans laquelle je logeais, sequence emotion...

J ai ainsi passe une semaine a Dakar principalement dans la famille d Abdoulaye a revoir d anciens amis, collegues, et la famille dans laquelle je logeais. L accueil a chaque fois a ete excellent, la Teranga c est quelque chose ! C est clair que je n ai pas du perdre de poids a Dakar vu les repas qu on m a offert a chaque fois. Je me suis ainsi regale avec les Tieboudieme, Yassa, Maffe, Lar, Jus de Pain de Singe, Bissap, Mangue et autre.

J ai pris aussi un peu le temps de me balader dans Dakar. Cette ville a pas mal change en 7 ans avec beaucoup de nouvelles constructions, des nouveaux echangeurs dans tous les sens et une Corniche Ouest bien amenagee. Toujours beaucoup de cars rapides (jolis cars decores avec souvent devant un "Alhamdoulila" : Dieu Merci...) qui devraient doucement etre remplaces par des car Tata (car indien)...

J ai aussi remis un peu le nez dans le boulot en suivant Abdoulaye sur des interventions sur le reseaux d assainissement ou a la station d epuration de Camberene qui vient tout juste d etre rehabilitee par Stereau...

La semaine est passee rapidemment et s est conclue par le bapteme du 1er fils d un ami. Pour l occasion, ils ont tue un boeuf et deux beaux beliers. J ai pu ainsi assiste au depecage des beliers, c est assez bleuffant de voir leur technique pour enlever la peau. Ils font une section au niveau d un genou puis souffle dedans. Le resultat et que le belier "gonfle" comme un ballon baudruche et cela facilite ensuite grandement le depecage de la bete.

Abdoulaye et sa famille auraient bien aime que je reste un peu plus longtemps, mais bon toutes les bonnes choses ont une fin et il etait temps pour moi de reprendre la route pour rejoindre la France avant la fin mai. J ai donc quitte Dakar juste apres le bapteme, le lundi 18 mai.


Flo

jeudi 14 mai 2009

Bamako en compagnie des amis de Seba


Marche couvert de Bamako en arriere plan
Mise en ligne par patricelugan33

Pour me "reposer" de mon voyage a Tombouctou et avant d attaquer une grosse ville comme Bamako, je me suis pose un peu a Segou, ville tres agreable au bord du fleuve Niger, aux maisons en banco rouge et aux rues ombragees. Il fait bon s y promener et discuter avec les habitants. J ai rencontre ainsi Sekou Coulibaly qui travaille dans la confection de Bogolans et qui a pris le temps de m expliquer et de me montrer comment on les fait. Les Bogolans sont des tissus en coton que l on colore exclusivement avec des materiaux naturels en particulier avec de la terre. Le mot « Bogo » veut d ailleurs dire terre et « Lan » fait avec. Les Bogolans sont essentiellement realises au Mali et au Burkina.

A peine arrive a Bamako, j ai été pris en charge par Amadou, un tres bon ami de Seba Coulibaly (puisque c est comme ca qu il l appelle la-bas). J ai commence la visite de Bamako par sa famille et sa toute nouvelle maison ou je suis reste le temps de mon sejour. Ca va c etait plutôt tranquille, loin de l agitation du centre de Bamako. J ai pu aussi faire la connaissance de sa femme Elysa (une tres bonne cuisiniere ; pour sur, je n aurais pas perdu de poids a Bamako !) et de sa fille, la petite Chacha qui est une bonne chipie.

Amadou s est charge de me faire voir Bamako en long et en large pendant mon sejour, tout en faisant son business. Je pense assez bien connaitre cette ville (d un point de vue reperage) apres mon sejour.
Bamako est une ville vivante, surtout son centre, qui est un immense marche à ciel ouvert et en continu. Le soir, il y a toujours des concerts a droite et a gauche. J en aurais fait qu un mais c était interessant à voir. C était un concert de « griots », ceux-ci faisant l apologoie des spectateurs puis des gentils donnateurs pour qu ils donnent encore plus. L un des donnateurs aura ainsi laisse plus de 150 Euros et une chaine en or aux differents griots qui sont venus lui rendre hommage sur sa generosite, sa grandeur d ame… Il y avait un petit cote Bling-bling !!

Pendant mon sejour a Bamako, j aurais donc pu profiter de l ambiance de Bamako et voir entre autre le musee national, musee tres bien fait et qui vaut la visite, ainsi que la maison du partenariat Angers-Bamako, le jumelage entre Angers et Bamako etant tres ancien (plus de 30 ans) ; ce qui fait que lorsque l on vient d Angers, on connait forcement un peu le Mali et Bamako.
Drissa, un autre tres bon ami de Seba, exposait ses œuvres la-bas. Il m a fait faire le tour de l expo en m expliquant ses œuvres, c est tout de suite plus parlant. Il m a ensuite fait faire le tour de ses œuvres de rue (peintures murales dans la rue, dans des restaurants…) avant de m inviter chez lui pour voir son « atelier » et son book. Comme nous a déjà dit Seba, c est clair qu il a du talent et j aime franchement les œuvres abstraites qu il faisait au debut (il ne fait pas que de l art « africain » comme je le pensais avant de venir ici). Lui aussi m aura fait decouvrir un peu Bamako, en particulier le point G, colline d ou l on a une vue superbe sur Bamako et le Niger qui traverse la ville.

Ce petit sejour m aura aussi permis de connaitre un peu mieux la « deuxieme famille » de Seba avec Mamou, Gnia (ta deuxieme femme Seba ?, faut clarifier ca Maria !!), Aichata, Papou… Comme toujours, c est nettement plus agreable et interessant de decouvrir un pays et une ville de cette manière la, en rencontrant les amis d amis !

Le temps passant et la fin de mon periple arrivant doucement mais surement, j ai quitte Bamako mercredi 6 mai, histoire de garder un peu de temps pour le Senegal.
Je voulais initialement prendre le train Bamako-Dakar qui officielement doit partir le mercredi de Bamako. En fait ce train connaissant toujours des problemes (deraillements, problemes mecaniques…), le train était encore a Dakar le mardi soir et ne devait arriver a Bamako que le vendredi ou le samedi au mieux. J ai donc essaye de prendre le train Bamako-Kayes histoire de prendre un train en Afrique pour voir l ambiance qui y regne. Le mardi soir, le responsable de la gare m assurait que le train partirait bien à 7h le lendemain (mercredi matin). Cependant, je n ai pas pris de billet par crainte d un retard de derniere minute. J ai eu raison, car le matin, le train ne devait plus partir qu a 19h30 le soir… Moralite : faut vraiment etre motive et reside proche de la gare quand on veut prendre un train la-bas !

Resultat j ai pris un bus pour rejoindre Kayes ou je n ai passe qu une nuit (fete dans la rue pour la victoire du Barca sur Chelsea, c était assez impressionnant) avant de reprendre les transports pour passer la frontiere et pousser aussi loin que je pouvais au Senagal, a savoir Kolda, a l est de la Casamance (il est assez etonnant que Dakar et Bamako soit aussi mal relie d un point de vue infrastructure : routes en piteux etats, chemin de fer inefficace,…, il faut au minimum deux jours pleins de transports). Je n ai pas file directement sur Dakar car je voulais repasser par la Casamance pour prendre le bateau entre Ziguinchor et Dakar mais ca c est pour le prochain message.

Une chose amusante, au Senegal, un taxi-brousse (generalement une Peugeot 505 break) peut aussi s appeller un 7 places (1 devant, 3 au milieu et 3 derrieres). Au Mali ou au Burkina cela devient un 9 places (2-4-3). Autant dire qu on trouve les taxi-brousses senegalais grand comfort quand on vient de l est !


Flo

lundi 11 mai 2009

Dans le nord Mali, une region mythique


Interieure d une maison Dogon
Mise en ligne par patricelugan33

Apres une longue journee poussiereuse depuis Ouaga pour passer la frontiere Burkinabo-Malienne et rejoindre Mopti, je pars visiter Djenne, ville connue pour sa majestueuse mosquee en Banco et son marche anime du lundi. Ca tombe bien, on est lundi !, et je peux donc flaner sur le marche qui a lieu juste devant la mosquee. Cette ville de Banco est aussi connue comme etant l une des plus anciennes villes d Afrique de l Ouest et ayant eu une grosse influence dans la region.

J’enchaine ensuite avec le fameux Pays Dogon dont j ai tant entendu parler; en compagnie de Seydou (cousin de Benjamin Guindo pour ceux qui connaissent), mon guide pour 5 jours. Effectivement le cadre de cette region est magnifique avec un plateau rocheux presentant des paysages singuliers du fait de l erosion, suivi d une jolie falaise d une bonne centaine de metre qu on ne peut descendre qu en peu d endroit, puis une plaine peu large ou les Dogons font pousser diverses cultures et enfin le 'desert' ou du moins le Sahel avec de jolies dunes; le tout habite par les Dogons, peuple aux croyances encore bien presentes. Avant les Dogons, il y avait les Tellems qui eux ont habite a meme la falaise laissant des traces d habitation quasi inaccessible (a leur epoque on suppose que la vegetation etait beaucoup plus dense et permettait ainsi d atteindre les habitations).

Initialement, nous avions prevu 5 jours de randonnee avec Seydou entre Dourou et Sangha (pour ceux qui connaissent). Cependant pour profiter du marche de Nombori ainsi que des festivités organisees par deux partis participant aux elections municipales (ils offraient du Chapalo, biere de mil, a volonte a tout le monde ; ici l avant election, c est la fete !!), puis du passage d un ministre dans le village, nous sommes restes 3 jours a Nombori. J ai eu de la chance car cela m a permis de voir des danses de masques ainsi que le ceremoniel des chasseurs, spectacles qu a priori peu de personne voient. En plus nous etions dans le village d origine de Seydou (et Benjamin) et nous logions dans sa famille, donc c etait tres sympa d un point de vue humain de trainer un peu ici, surtout que la maison etait un sacre lieu de passage... J ai pu un peu pratiquer la belotte version Dogon, sympa mais pas facile car les regles divergent un peu pour permettent une rotation rapide des equipes pour faire jouer un maximum de monde et il est « autorise » de tricher, il faut juste que personne ne s en rende compte.
J ai aussi assiste au marche de nuit de Idjelina, qui est plus une enorme auberge a ciel ouvert ou l on vend beaucoup de Chapalo et de viande grille, ce marche finissant souvent au petit matin. Les personnes affluent de tous les villages alentours pour venir faire le fete, plus que le marche... C est amusant, c est tous les jeudis soirs...
Enfin, j ai aussi visiter un "ensemble" de maison Tellem, la grimpette n etait pas evidente du tout et c est clair qu il ne vaut mieux pas avoir le vertige…

Apres ces 5 jours super aux pays Dogons, j ai finalement pris le temps de visiter la ville "portuaire" de Mopti, sa belle mosquee en Banco et le vieux quartier, mais surtout le port ou il y a une activite frenetique; le fleuve Niger etant tres utilise pour le transport des marchandises.

J ai ensuite rejoint Tombouctou en 4x4 et non en pinasse comme j aurais souhaite, le niveau du fleuve Niger n etant pas suffisant a cette epoque pour realiser le trajet dans un temps raisonnable, dommage. Le trajet en 4x4 est epique, mon posterieur s en souvient encore (peut etre l un de mes voyages les plus durs, faut dire qu a 6 plus un enfant a l arriere d un vieux Toyota Land Cruiser, il ne reste plus trop de place et les banquettes ne sont pas trop rembourrees…). A noter que l utilisation du 4x4 se justifie amplement vu l etat de la piste quand on peut encore parler de piste…
Tombouctou est une ville mythique car explore tres tardivement. En effet, le premier explorateur revenu vivant de Tombouctou est Rene Caille, en 1828, en se faisant passe pour un commercant egyptien. A l epoque, aucun non musulman ne pouvait penetrer dans la ville et les explorateurs precedents se sont ainsi fait tuer...
Tombouctou est aussi connu pour avoir ete un carrefour commercial tres important. La ville est en effet proche du Niger et etait la ville d arrivee des caravanes qui traversaient le desert pour amener le sel (il reste de nos jours quelques caravanes faisant le trajet mais les camions ont en parti remplace les chameaux). Cela a participe aussi a faire de Tombouctou une ville de savoir ou a son apoge, il y avait une multitude d universites, savants... Il y a d ailleurs a l heure actuel des projets pour recuperer et preserver tous les manuscripts qui ont ete produits a cette epoque.
Tombouctou fait ainsi parti de ces villes ou en se baladant on s en l histoire, avec ses 3 splendides mosquees de renom, ses vieilles maisons en calcaire dont certaines ont abrite des explorateurs connus, ses quelques Madrassa encore ouvertes, les ‘tombes’ commemorants les 333 saints de Tombouctou... J ai pu aussi profiter du desert entourant Tombouctou, de sa beaute et de sa serenite en allant m y balader le soir.

Le retour de Tombouctou fut moins eprouvant que l aller. Je n ai pas renouvele l erreur de l aller et est pris le siege de devant plutot que l’arriere/coffre, bien plus comfortable…

Maintenant place au centre du Mali avec Segou et Bamako ou je dois retrouver des amis d amis, ca faisait longtemps...


Flo


PS : Le message de Nico sur le Togo a ete publie, pour ceux qui aiment les recits avec des anecdotes, vous vous ferez plaisir.

PS 2 : Pour repondre a certains d entre vous, le retour en France est prevu pour la semaine avant le WE de la Pentecote, il n y a pas de date exacte vu que cela depend des transports que je trouverais en Mauritanie et au Maroc

vendredi 8 mai 2009

Une deuxieme semaine au Burkina pour voir la famille et encore des amis...


Grande Mosquee en Banco de Bobo Dioulasso
Mise en ligne par patricelugan33

Une fois Nico reparti a Lome ses vacances finies (elles n auront pas ete de tout repos...), je suis alle visiter la famille a Ouaga (ma cousine Marion etant marie avec Issouf un Burkinabais). J ai pu ainsi voir la famille MONDE et partager un peu leur quotidien. J ai aussi eu droit a un guide particulier, en la personne d Abdoulaye (grand frere d Issouf) pour visiter Ouaga et ses environs et voir en particulier :
- la ceremonie du Moro Naba ('roi' des Mossi, ethnie majoritaire au Burkina, qui a encore de l influence sur la scene politique) ou ils rassemblent ces ministres pour commemorer un depart 'manque' a guerre,
- la tombe de Thomas Sankara (considere par beaucoup comme le Che Guevara Africain, qui a ete assassine par le president actuel Blaise Compaore), impossible a trouver si on ne connait pas,
- le village d ou Abdoulaye et Issouf sont originaires (Bazega) et ou ils sont en train de constuire un dispensaire, Abdoulaye, Marion et Issouf etant tres actifs sur ce projet.

Pour retrouver un peu de fraicheur et de verdure, je suis alle ensuite a Bobo Dioulasso ou j ai ete accueilli par Bema, un tres bon ami d Issouf, celui-ci etant griot ("musicien traditionnel" africain). La encore j ai eu droit a un guide particulier pour visiter la vieille ville de Bobo (village au coeur de Bobo) et sa belle mosquee en Banco. Bobo est une ville tres agreable ou il fait bon flaner le long de ses routes bordees d arbre, ca change franchement de Ouaga et des autres villes que j avais vues jusqu a present en Afrique. En plus il y a une ambiance festive le soir assez sympa.
Bema m a aussi emmene voir la mare sacre de Dafra, lieu anemiste par excellence ou il y avait beaucoup de monde en train de sacrifier poulets et chevres (le sol etait jonche de plume et de sang), les entrailles de ces animaux servant ensuite a nourir les Silures Sacre. C etait le jour de Paques, ce qui n est pas etranger a l affluence ce jour-ci. Comme m ont dit certains Burkinabais, il y a peut etre 60% de musulmans, 20% de chretiens mais pour sur il y a 100% d anemiste dans le fond... Une experience tres interressante a l arrivee.
Nous avons aussi visite le petit village de Koro, village perche sur une falaise pour etre cacher des envahisseurs a l epoque.

J ai ensuite continue ma route vers Banfora ou j ai ete accueilli par Yaya, un ami ivoirien de Bema. La-bas j ai pu voir la belle cascade de Karfiguela ou nous avons pu nous rafraichir, apres 3 semaines d Afrique c etait bien sympa; les domes de Fabedougou ainsi que les pics de Sindou, ensemble de rochers erodes avec des formes assez singulieres; et le lac de Tengrela ou j ai pu observer de nouveau des hippopotames. Ce coup-ci, ils etaient plus actifs et plus joueurs, donc une observation plus interessante qu au Togo.

Ayant appris le retour avance de Brice sur Ouaga, j ai decide de retourner sur mes pas plutot que de filer directement au Mali pour voir l ami dans son"milieu naturel". Cela m a permis de connaitre un peu plus Ouaga, en particulier ses quartiers nords le long des barrages ou il y a beaucoup de cultures maraicheres, la vie nocturne de Ouaga (Kingstone, Golden..., merci Brice) et aussi de voir la compagnie du Wande au CCF (Centre Culturel Francais), compagnie de musique et de danse dans laquelle a travaille Issouf et ou joue son petit frere Aziz.

A l arrivee j aurais traine un peu plus que prevu au Burkina, mais c est bien normal ayant ete accueilli a chaque fois par des personnes supers. Maintenant place au Mali, pays que l on connait bien lorsque l on est d Angers car le partenariat entre Angers et Bamako est tres fort et vieux (plus de 30 ans).


Flo

Togo-Burkina avec le camarade Nico !


Pour l echelle
Mise en ligne par patricelugan33


Salut à tous,
Comme le veut (l’exige ?) la tradition, je prends ma plus belle plume pour vous conter les péripéties africaines de vos humbles serviteurs.... Pour rebondir sur le dernier post de Flo, je tiens à rassurer ma famille et mes amis que, même si le globe-trotter m’a qualifié de togolais blanc, je ne suis pas encore devenu (mais pour combien de temps encore ?) un de ceux qui prennent un accent « façon » lorsqu’ils posent le pied en Afrique... Dieu m’en garde !
Avant de rentrer dans le vif du sujet, permettez- moi de vous donner quelques définitions qui, au cours du récit, permettront de mieux appréhender l’atmosphère du voyage...

Tchoukoutou (ou Tchakpalo) : bière de mil fermenté, boisson traditionnelle au Nord du Togo qui, si on n’y prend pas garde, peut jouer des tours...
Calebasse : récipient (unité de mesure) pour boire le Tchoukoutou (voir ci-dessus)
Fufu : pâte d’igname, le genre de plat qui te cale comme il faut
Yovo : le « blanc » en mina (une des nombreuses langues du Togo)
Taxi-brousse : moyen de transport le plus répandu ici dont la capacité varie de 7 à 20 places (plus ?)
Horaire, ponctualité : notion particulièrement abstraite n’ayant aucune utilité dans le cas présent....

En route pour 10 jours de road-trip pour traverser le Togo et monter jusqu’au Burkina avec comme seules consignes d’utiliser le plus grand nombre de moyens de transport en commun différent, d’apprécier la simplicité et de l’accueil des gens et de profiter de la beauté des paysages... si ça c’est pas un bon programme moi j’y comprends plus rien !

Lever au aurore pour se rendre à la station d’où partent les taxis-brousse pour le Nord... ici c’est simple, plus tu arrives tôt, plus tu as de chance de choper une voiture qui va se remplir rapidement et partir... la notion de remplissage étant purement subjective, tu croises les doigts à chaque fois pour que le chauffeur soit assez raisonnable et te laisse une bande de 40 centimètres pour poser tes petites fesses et que tu te retrouves pas à côté d’une mama aux formes plus que généreuses avec 2 ou 3 enfants sur les genoux...

Pour la première étape, on décide d’aller à Badou pour voir la plus grande cascade du Togo : la cascade d’Aklowa...

Pour simplifier, au Togo y a une route principale qui traverse le pays du Nord au Sud, tant que tu veux aller sur cet axe, tout va bien, mais dès que tu veux t’écarter un peu, faut s’attendre à attendre...

Badou donc, à 200 kms au Nord de Lomé puis à 80 bornes à l’ouest de la route principale, est un bon test pour mesurer notre endurance et notre patience... et là on s’en sort avec les honneurs, 6 heures de porte-à-porte avec à peine une heure et demie d’attente entre 2 taxis-brousse... une telle réussite mérite bien un bon fufu et quelques rafraîchissements avant d’attaquer la ballade !

Comme souvent au Togo, le site d’Aklowa est entretenu par une association de jeunes du village : ils aménagent et entretiennent les sentiers de ballades et proposent les services de guide... Jules nous trace le chemin dans la végétation luxuriante au milieu des plantations de café, cacao, avocats, palmiers etc... après une petite heure de marche, on arrive à la cascade... alors c sûr c’est pas Iguazu mais ça fait quand même bien plaisir, 35 mètres de chute d’eau et au pied un bassin naturel où l’on s’est fait un plaisir de se jeter avec les gosses du village qui faisaient des compètes de plongeons (ou plutôt de plats). De retour au village, il est temps de faire goûter à Flo les délices d’une petite calebasse de tchouk !

Dans tous les villages togolais, il y a un endroit qu’on appelle cabaret où les gens viennent se retrouver pour partager, discuter, bref prendre du bon temps... le rituel est immuable, on s’assoit sur les bancs, au milieu de la pièce il y a une maman avec sa bassine de tchouk qui sert les calebasses... avant de boire on verse un peu du précieux liquide par terre pour les ancêtres... les cabarets sont ouverts à tous, hommes, femmes, jeunes et moins jeunes...

Le lendemain, on se retrouve à 6 heures du mat à la station pour faire, ce qui sera la plus longue journée de transit du périple avec comme récompense la nuit sur une Tata... Quand j’ai présenté ça à Flo, il me dit « dormir sur une Tata, je vois pas trop de quoi tu parles... » avec un petit sourir en coin. J’y reviendrai plus tard car la route nous appelle... avec les 80 bornes à se taper pour rattraper la route principale puis 300 kms plein Nord avant de finir par 20 bornes de piste à l’Est, le programme est bien chargé, les Tatas attendront un peu...

Premiers doutes, 6 heures du mat à la station de Badou, pas une âme qui vive, pas un coq ou une chèvre à l’horizon... la journée commence mal... après 10 minutes de flottement, un gars vient nous voir : « Yovo, vous faites quoi ? » nous : « on attend une occase... » lui sourire aux lèvres : « vous êtes pas à la bonne station, les taxis sont plus hauts » soulagement... là on se retrouve dans un taxi brousse où à peu près tout ce qui est inutile pour rouler a été enlevé... en gros on est dans une carcasse métallique avec des sièges, un volant et une boîte de vitesse, rien de plus, mais c’est déjà beaucoup, avec une vitesse de pointe sur les routes sinueuses de presque 40 km/h... et là c’est à partir de ce moment que j’ai commencé à en vouloir à Flo...

Pour ceux qui n’ont jamais voyagé avec lui, il faut que vous sachiez que cet homme a une capacité à s’endormir dans les transports en commun bien au-dessus de la moyenne, ce qui fait que même quand on est entassé dans un taxi plié en quatre, il trouve toujours le moyen de piquer un petit somme de récupération... et là c’est un peu énervant quand vous essayez de dormir que vous n’y arrivez pas et que vous lui jetez un coup d’oeil et qu’il pionce comme un bébé...

Après un changement de taxi, là c’est bon on a choppé les places de devant que du bonheur, on arrive à Kara vers 15 h... Kara était le fief de l’ancien président-dictateur du Togo, ce qui fait que la ville, même si elle ne compte que 35 000 habitants (3ème ville du Togo) est assez développée en termes d’infrastructures (routes, palais des congrès !, banques...) mais sans grand charme... un dernier coup de taxi pour la forme et nous voilà arrivée aux portes de Pays Tamerlan et ses fameuses Tatas....

Une Tata est en fait l’habitation typique des villageois : ce sont des maisons en banco qui ont des allures de petites forteresses où les tours sont aménagées en greniers pour stocker les récoltes deharicots, d’arachides, de maïs ou de mil ; le rez-de-chaussée sert à garder les animaux (poules, pintades, cochons...) la nuit et le reste sert d’habitation.

Solange, une amie de Lomé m’avait donné les indications pour arriver jusqu’à chez sa tante qui habite dans une Tata pour passer la nuit (d’où l’expression dormir sur une Tata). Au pays Tamberma, il n’y a ni eau, ni électricité et les Tatas sont éparpillées ça et là et regroupé en lieux dits, donc à partir de la route principale, il vaut mieux tomber sur un taxi moto qui connaît le coin pour arriver à destination.

Sur le bord du goudron, on choppe 2 taxis-motos (les fameux zémidjan)... le mec m’assure qu’il connaît l’endroit, ok il va bientôt faire nuit, pas de temps à perdre, il nous reste quelques bornes de piste. Moi j’étais déjà venu y a un an, j’avais un vague souvenir pour me repérer donc l’esprit serein, après 11 heures de taxis-brousse tape-cul, je me dis qu’on touche au but... et là patatra, tout fout le camp, le taxi man me dit : « c’est là ! » je lui fait : « je suis pas sûr... » je lui répète le nom du lieu-dit et là il me dit : « ah j’avais pas compris mais c’est bon je sais où c’est ! » en route la nuit tombe et on prends des pistes qui ressemblent de moins en moins à des pistes, le doute s’installe... au bout de 10 minutes, le chauffeur me dit : « en fait je sais pas où c’est » là le taxi-man qui tracte Flo commence à craquer et à engueuler son collègue « tu roules tu roules, tu sais pas où tu vas mais tu roules , imbécile» on se détend, on reprends la route, on tombe sur un groupe d’enfants pour demander la route, manque de bol, ils ne parlent pas la même langue que les taxi-men (le Togo a beau être le plus petit d’Afrique de l’Ouest, il n’empêche qu’on y parle 6-7 langues vernaculaires différentes)... on reprend la route pour finalement arrivée à bon port... il est 19 heures, il fait nuit noire mais heureusement Maman Joséphine et ses enfants nous accueillent avec une bonne pintade et un bon fufu que nous savourons à la lumière d’une bougie avec une brique de sangria... pas un bruit aux alentours, aucune pollution lumineuse, le ciel étoilée pour nous endormir, un pur bonheur !

Le mercredi, c’est jour de marché à Nadoba, le chef lieu du pays Tamberma... On part sac au dos pour rejoindre à pied le village en suivant les enfants de Joséphine qui sont chargés d’acheter les condiments... Une petite trotte de 2 heures à travers les Tatas nous permet de profiter pleinement du cadre et des différents styles de petites forteresses. Des colonnes de gens sortent d’un peu partout (et surtout de nulle part) pour se rendre au village : le marché a lieu une fois par semaine, c’est donc un moment important de la région !

Arrivée à Nadoba, nous rencontrons la mère de Solange qui est revendeuse de Tchouk au marché ! Le marché est le point de rencontre multiculturel entre les revendeurs nigériens, béninois et togolais... On trouve tout ce qui est imaginable entre les gadgets chinois, les vêtements, la quincaillerie, les animaux, les fruits et légumes... Bref ça s’active dans tous les sens entre les allers des mini-bus, des taxis... On rigole avec un des 2 chauffeurs de taxi-moto avec qui on n’a un peu galéré la veille au soir et après s’être bien baladé, on se retrouve au stand de la mère de Solange. Le spot idéal, à l’ombre d’un grand manguier avec des troncs d’arbres qui servent de bancs et une grande bassine de Tchouk... On décide de se poser là et d’attendre qu’un taxi-brousse se remplisse pour rejoindre la route principale... Je vous cache que l’attente est bien plus agréable dans ces conditions qu’au petit matin encore pas bien réveillé...

Au stand, on croise les vendeuses et les acheteuses qui viennent faire une pause, on discute aussi avec le vétérinaire du marché : c’est un fonctionnaire du Ministère de la Santé qui est chargé de vérifier que les bêtes qui sont tuées et vendues sur place sont en bonne santé et ne présentent pas de risque à la consommation. Le mec est jeune très sympa, un peu dépité parce qu’il vient de Lomé et qu’il se retrouve en poste au fin fond de nulle part...

A la fin de la septième calebasse, le chauffeur de taxi nous fait (enfin) signe : la taxi est prêt à partir ! Il est tant pour nous de quitter nos collègues de cabaret et de reprendre la route... On est sept dans le taxi avec deux gars sur le toit, tout va bien ! Après une demi-heure de route, on se retrouve sur la route principale en plein caniar en attendant l’occasion pour monter à Mango qui n’est qu’à 80 kms au Nord (je vous rassure y a quand même une petite buvette ombragée pour nous faire passer le temps). Le Tchouk aidant, la confiance est au rendez-vous et on se dit que pour une fois, on va pas arriver trop tard à destination... Après 1 heure d’attente à voir défiler les taxis brousse qui allaient vers le Sud, on quitte la buvette pour prendre le problème à bras le corps et on se pose à la station d’essence... Toujours rien... jusqu’à ce qu’un camion burkinabais de marchandise s’arrête pour faire le plein... Les gars nous proposent de nous prendre en stop, ni une ni deux on grimpe dans la cabine et on se retrouve à sept dans la cabine. Les gars font la navette entre Bobo Diolasso au Burkina et Lomé. Pour la petite histoire, le port de Lomé est un des seuls ports en eau profonde de la sous-région donc il y arrive des tas de marchandises du 4 coins du monde qui sont ensuite transportées vers le Burkina, Mali, Niger... Nos nouveaux amis partent du Burkina avec leur bus rempli d’acheteurs, une fois arrivé à Lomé, les sièges du bus sont démontés, mis sur le toit et le bus est rempli (aussi dedans qu’au dessus)... Les acheteurs reprennent une autre compagnie de bus pour rentrer au Burkina et eux, les forçats de la route, ramènent la cam. Ils se relaient 24 h sur 24 à la conduite...

Alors là, je vous laisse vous imaginer : entasser à sept dans la cabine avec un petit Burning Spears en fond sonore avec une vitesse max de 35 kms/h... tiens c’est marrant, Flo pionce, comme c’est étrange... toutes les 30 minutes, nous nous arrêtons au bord de la route pour faire refroidir le moteur 10 minutes pour on repart. Bilan, nous avalons les 80 kms en un temps record de 3 h 32 min et 12 secondes, une fois n’est pas coutume, la nuit tombe rapidement, l’atmosphère est lourde, ça sent l’orage ! Et ça ne manque pas, le soir on se tape un bon gros orage façon « début de saison des pluies », on se réfugie dans une petite épicerie où le gérant se mate France-Lituanie...

Nico


PS : la suite pour un peu plus tard, le temps que Nico aiguise sa plume !